Des vacances sous contrainte pour les patrons de TPE
Les dirigeants de très petites entreprises (TPE) abordent l’été avec prudence et beaucoup renoncent aux congés estivaux ; leurs priorités de la rentrée traduisent une forte exigence de sécurisation.
Les chefs d’entreprise sont loin de profiter de cinq semaines de congés annuels. Selon le 84e baromètre Fiducial-IFOP de juin 2026, ils prennent en moyenne 20,2 jours de vacances par an, dont 10,9 jours cet été (une durée de congés indexée sur la taille de l’entreprise, les patrons sans salarié prenant en moyenne 19,2 jours de congés par an, tandis que ceux en ayant 10 à 19 en prennent en moyenne 24,8). Les patrons de l’hôtellerie et du commerce sont logiquement surreprésentés parmi ceux partant moins longtemps cet été. De plus, près d’un tiers des dirigeants ne partiront pas, et ils sont 13 % à ne pas prendre de congés au cours de l’année ! Le manque de moyens financiers, le poids de l’activité estivale, les difficultés de remplacement ou encore la volonté de laisser partir les salariés expliquent ces renoncements.
Des congés plus courts... pour tous
Les salariés des TPE réduisent eux aussi leurs vacances estivales : seuls 55 % partent au moins trois semaines en juillet-août (contre 74 % il y a vingt ans), un recul que les dirigeants attribuent notamment aux contraintes de pouvoir d’achat. L'attitude des dirigeants quant à l'été est partagée : un gros quart de ces derniers l'aborde sous le prisme de la motivation retrouvée à l’égard de leur activité, tandis que 23 % se questionnent sur l’avenir de leur entreprise, notamment ceux du secteur des services aux particuliers (+ 8 points par rapport à la moyenne). Dans la majorité des entreprises avec au moins un salarié (53 %), les congés restent peu encadrés, même si certaines incitent les collaborateurs à partir en dehors des périodes de forte activité. Moins d’un patron employeur sur dix déclare avoir recours à de l’emploi saisonnier l’été (- 5 points par rapport à 2005).
Préoccupations et attentes
63 % des dirigeants se disent confiants pour la rentrée 2026 ; la préservation de la trésorerie et la préparation aux nouvelles obligations (facturation électronique) constituent leurs grands chantiers prioritaires de la rentrée 2026 (pour 45 % et 42 %), suivis par le développement ou la relance de leur activité commerciale (cité par 40 % d'entre eux). En anticipation de cette période, les dirigeants de TPE attendent majoritairement de la part du gouvernement, et avant la fin du quinquennat d’Emmanuel Macron, une baisse des charges sur les entreprises (61 %).
Pour continuer sur une note positive, l’optimisme vis-à-vis du climat général des affaires en France croît de 9 points par rapport au premier trimestre 2026 pour s’établir à 26 % (un niveau qui n’avait pas été atteint depuis le deuxième trimestre 2024, soit avant la dissolution). De surcroît, l’optimisme des patrons de TPE concernant leur propre activité bondit de 14 points par rapport au dernier trimestre, pour atteindre désormais une majorité de patrons (54 %). Ce regain généralisé s’inscrit plus largement dans un contexte de baisse des difficultés financières pour les petites entreprises (un tiers des dirigeants en rencontrent, soit - 13 points par rapport au premier trimestre 2026).
Des vacances... sans vraiment décrocher
Selon une enquête Swapn menée auprès de 500 dirigeants en juin 2026, seuls 15,8 % des entrepreneurs qui prévoient de prendre des congés cet été comptent couper totalement avec leur activité. La quasi-totalité ne décrocheront ainsi pas vraiment : 60 % resteront disponibles, près de 60 % consulteront leurs e-mails et 6 % continueront à travailler normalement. Plus de la moitié (58,4 %) disent avoir déjà renoncé à des vacances à cause de leur entreprise, tandis que 77,3 % redoutent une baisse de leur chiffre d’affaires s’ils s’absentent. Qu'ils partent ou non, leurs principales inquiétudes pendant l'été sont la trésorerie (citée par 52 % des interrogés), la gestion des clients (41,8 %) et les tâches administratives (26 %). A moins de trois mois de l'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique, 40,8 % des entrepreneurs ne sont pas prêts (20 % prévoient de s’y mettre avant de partir, 20 % pendant l’été, 26,3 % à la rentrée, et… 33 % ne savaient pas encore quand).
83 % des dirigeants de TPE interrogés n’ont pas confiance dans les mesures et actions annoncées ou mises en place par Emmanuel Macron et son gouvernement.
(Source : Baromètre Fiducial-IFOP de conjoncture des TPE Vague 84 – Juin 2026)