Morel : l’ébéniste savoyard devenu un célèbre cuisiniste français

, mis à jour le 12/07/2026 à 23h22
Image
Joseph Morel

 En plus de 90 ans d’existence, Morel est passée de l’ébénisterie traditionnelle à un positionnement de marque premium dans la cuisine et l’aménagement intérieur, s’appuyant sur un outil industriel français réparti entre la Haute- Savoie, la Bretagne et la Gironde. Histoire surprenante d’un ébéniste, Joseph Morel, et de sa famille – celle de la famille Treboux qui a repris le collier.

Partager sur

L’aventure débute en 1932, lorsque Joseph Morel crée un atelier à Lullin (74), spécialisé dans la fabrication de meubles sur mesure. Quelques années plus tard, l’entreprise se met même à fabriquer des skis. 

Image
cuisines-morel-fabrique-skis-frene-hickory-joseph

Joseph Morel aménage un atelier de 400 m2 pour ces fameux skis en frêne et hickory. En même temps, il œuvre pour des chalets en bois et continue à fabriquer des meubles. À partir de 1946, ses trois fils – Roger, Hubert et Georges – rejoignent l’entreprise et structurent l’activité autour du mobilier du quotidien, tables et chaises notamment. Le véritable tournant intervient dans les années 1960 avec l’arrivée des premiers meubles de cuisine en Formica. L’entreprise entre alors dans une phase industrielle, matérialisée par la construction d’une première usine à Lullin en 1966. Dans la décennie suivante, la production de cuisines intégrées se généralise, entraînant une montée en puissance des capacités de production, avec la création d’un second site à Allinges dans les an- nées 1970. 

 

 

Image
stephane-treboux-christian-morel

Un changement de gouvernance important a lieu en 1998 lorsque Stéphane Treboux (photo ci-contre), qui avait intégré l’entreprise comme apprenti menuisier, en prend la direction aux côtés de Christian Morel, petit-fils du fondateur. Ce dernier cédera ses parts et a aujourd’hui pris sa retraite. Cette nouvelle impulsion marque une phase de struc- turation et de développement. En 2012, le groupe engage une première opération de croissance externe avec l’acquisition de Cuisines Jean-Louis Morel (ça ne s’invente pas !) en Bretagne, accompagnée de son site industriel de 7 000 m2 à Maen Roch (35). Depuis les années 2010, Morel a élargi son périmètre à l’ensemble de l’aménagement de l’habitat, avec les salles de bain et les dressings, tout en renforçant sa base industrielle en France. Puis en 2022, l’intégration de Sagne Cuisines à La Réole (33) s’inscrit dans cette stratégie. Elle permet à l’entreprise d’avancer vers un modèle de “circuit court” du meuble, orga- nisé autour de la Haute-Savoie, la Bretagne et la Gironde. 

Morel fait de larges concessions

Image
MOREL magasin

Le réseau Morel privilégie les surfaces de vente d’environ 150 m2, idéalement situées en centre-ville ou sur des axes à fort passage. L’investissement initial est estimé à environ 1 500 € par mètre carré pour déployer le concept magasin. À cela s’ajoutent des droits d’entrée, fixés à 15 000 €, qui incluent notamment la formation initiale ainsi qu’une participation au financement de l’enseigne. Une fois en activité, le conces- sionnaire contribue au développement de la notoriété de la marque à travers une redevance annuelle de 4 % du chiffre d’affaires. En retour, il bénéficie d’un modèle éprouvé : les points de vente Morel affichent un chiffre d’affaires moyen compris entre 750 000 et un million d’euros par an. Présente en France à travers 52 concessions et 8 magasins en propre rattachés à ses sites de production, Morel ambitionne de poursuivre le développement de son réseau pour atteindre entre 100 et 135 points de vente d’ici 2035.

Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire