Les bons réflexes réduisent les accidents du travail

, mis à jour le 26/10/2026 à 14h35
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Accidents du travail

Une étude de la Dares d’octobre 2026 souligne que les mesures de prévention contre les accidents au travail sont particulièrement  efficaces dans les petits établissements. Prévenir les risques professionnels n’est ainsi pas seulement une obligation réglementaire, mais un moyen bien réel de les limiter.

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L’étude de la Dares*, fondée sur des données d’accidents de la Caisse nationale d’assurance maladie et sur une enquête menée auprès des employeurs, compare notamment l’évolution de la sinistralité entre 2014 et 2018. Son constat est encourageant : engager de nouvelles mesures de prévention (formations à la sécurité, mise à disposition d’équipements de protection, aménagement des lieux de travail…) s’accompagne d’une baisse des accidents, en particulier dans les établissements de moins de dix salariés. 

Des risques variables 

Dans les très petites structures, les accidents du travail sont particulièrement fréquents dans la construction (9,8 accidents avec arrêt pour 100 salariés en 2018), les services sociaux, sanitaires et éducatifs (8,1 pour 100 salariés) et dans l’industrie (5,5). La manutention de charges lourdes et les postures pénibles sont associées à une sinistralité plus élevée (ce qui n’est pas le cas pour les expositions à des produits chimiques dangereux ou pour le travail en équipes alternantes). En cas d’exposition à des facteurs de risques psychosociaux (tensions avec les collègues, les clients ou la hiérarchie, travail dans l’urgence), le surcroît d’accidents du travail existe, mais il est plus faible. Le document unique d’évaluation des risques professionnels (voir encadré) doit recenser les dangers liés aux postes de travail et définir les mesures pour les supprimer, ou les limiter.

Des résultats mesurables

L’action paye. Entre 2014 et 2018, la fréquence des accidents a diminué de 0,5 point dans les établissements ayant engagé au moins une nouvelle action de prévention en 2016 (à l’inverse, elle a augmenté de 0,5 point dans ceux n’ayant rien mené). Les effets sont particulièrement marqués dans les structures de moins de dix salariés, où la fréquence des accidents a reculé de 1,1 point (alors qu’elle est nulle dans ceux de 250 salariés ou plus). Parmi les mesures associées aux baisses les plus importantes, figurent la mise à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle, le recours à une expertise extérieure et l’élaboration d’un nouveau plan de prévention. De façon générale, l’évolution de la sinistralité entre 2014 et 2018 est la plus favorable, dans un établissement de moins de 50 salariés, lorsque celui-ci a actualisé son document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) en 2016 et lorsqu’il disposait cette année-là d’un Comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) actif ou, plus largement, d’instances représentatives du personnel. Ces obligations sont donc efficaces, à condition d'être en mouvement, incarnées. 

*Quels liens entre prévention des risques professionnels et accidents du travail dans le secteur privé ? Selma Amira, Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère chargé du Travail, octobre 2026.

>La sinistralité entre 2014 et 2018 augmente fortement si l’entreprise cumule absence de nouvelle action de prévention et non-actualisation du DUERP (+ 1,5 point). Et + 1,3 point si l’entreprise cumule absence de nouvelle action de prévention et absence d’instance. 

(Établissements de moins de 50 salariés)

Les obligations de l’employeur

La prévention concerne tous les risques professionnels, qu’ils soient physiques (comme le risque de chutes de hauteur, lié à l’utilisation des machines, à la manutention de charges…), chimiques, ou psychosociaux (surcharge de travail, agressions ou violences…). Tout employeur ayant au moins un salarié doit établir un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), accessible aux salariés et actualisé régulièrement (tous les ans pour les employeurs de plus de 10 salariés). L’employeur a aussi l’obligation d’adhérer à un service de prévention et de santé au travail interentreprises afin d’assurer le suivi individuel de l’état de santé des salariés. Pour être accompagnés en ce sens, les artisans peuvent solliciter leur chambre de métiers et de l’artisanat ou leur Carsat.

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