Chloé Beurier Bournot, Meilleure apprentie de France ! (Reportage)

, mis à jour le 02/11/2026 à 23h07
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Chloé Beurier Bournot

Le 28 octobre, Chloé Beurier Bournot a remporté le titre de Meilleure apprentie de France Chocolaterie Confiserie 2026, une victoire annoncée lors du Salon du Chocolat et de la Pâtisserie de Paris (28 octobre au 1er novembre 2026, à Paris). La veille, nous étions présents lors de la finale nationale du concours, qui s’est déroulée à l’École de Paris des métiers de la table (XVIIe arrondissement).

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Ambiance studieuse lors de l'épreuve.

On avait l’impression d’entrer dans une ruche, mais une ruche silencieuse… Une atmosphère concentrée et un brin fébrile enveloppait le 27 octobre les huit jeunes talents, tous en CAP, à l’ouvrage pour décrocher le titre de Meilleur apprenti de France (un seul par an). Les visiteurs n’avaient pas le droit de parler aux candidats. Ici un membre du jury « fabrication » qui posait une question discrète à un candidat, là un jeune qui se déplaçait avec son présentoir pour vingt bonbons de chocolat... Attention de ne pas gêner sa trajectoire ! 

Une journée intense 

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Pendant l'épreuve...

Les jeunes ont commencé à travailler à 6h30 du matin, pour 7h30 d’épreuve. À 14 heures, au gong, les produits doivent être emballés ; ce qui doit être démoulé doit être démoulé. Les candidats devaient réaliser une pâte d’amande (bonbons en chocolat enrobés, trempés à la fourchette, et quatre modelages sur le thème imposé), un bonbon ganache lactée caramel semi-liquide, une tablette de chocolat aux amandes, une pâte de fruit, leur spécialité (une création), une spécialité de confiserie régionale, et un montage commercial… Après la mise en place du buffet, ils devaient présenter l’ensemble de leurs réalisations comme si c’était une vitrine de chocolaterie. Et place au jury « présentation », suivi par le jury « dégustation ». Le thème « Les profondeurs des mers », laissait la place à une grande liberté d’interprétation ; « l’improbable, le féerique ou le monstrueux qu’il y a au fond de l’océan, l’inconnu… », évoque Raoul Boulanger, maître artisan chocolatier, vice-président de la Confédération des Chocolatiers et Confiseurs de France et président du jury. « J’ai été particulièrement attentif à la manière dont chacun a su s’approprier le thème, raconter une histoire et transmettre une émotion à travers ses réalisations », évoquera-t-il le lendemain, jour du verdict.  

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Raoul Boulanger, président du concours.

La relève

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Chloé lors de l'épreuve

Chloé Beurier Bournot, formée au CMA Formation - CFA Bernard Stalter, à Eschau (Bas-Rhin), est en apprentissage chez Erithaj. Victorieuse de la première sélection régionale organisée à Nancy le 24 juin dernier face à sept autres candidats venus du Grand Est et du Doubs, elle a su le 27 octobre conjuguer au mieux organisation, précision des gestes, équilibre des saveurs et des textures, devenant la nouvelle ambassadrice de la relève du métier (voir encadré). « À travers ces jeunes talents, c’est l’avenir de la chocolaterie-confiserie française qui s’écrit avec audace et exigence », pose Thierry Lalet, président des Chocolatiers et Confiseurs de France (2300 professionnels). L’organisation sort de quinze jours de combat sur la taxe sucre. « On a réussi à convaincre les députés : l’article 8 a été retiré ; le problème, c’est qu’ils ne différencient pas un aliment de consommation courante d’un aliment plaisir, l’artisanat et les industriels. L’aliment plaisir doit le rester ! En revanche, des barquettes de carottes râpées qui sont bourrées de sucre, oui, ça ne va pas ! » Le professionnel avait calculé avec cette taxe un surcoût de plus de 20 centimes par tablette de 100 g. de chocolat à 70 %...

Le secteur aborde par ailleurs 2027 avec méfiance. « El Niño est passé et les récoltes ne seront pas bonnes. Nous appréhendons une augmentation du prix du cacao au printemps ; heureusement que les artisans sont résilients… »

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La création finale de Chloé BEURIER BOURNOT.

 

« Une chocolaterie en Suisse dans un an et demi »

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Justine Guerné

Justine Guerné, MAF Chocolaterie Confiserie 2023, était aux côtés de ses camarades le 27 octobre. La jeune fille évoque pour nous quel tremplin fut pour elle ce concours. 

« J’ai toujours très bien travaillé à l’école, je voulais être médecin. La pâtisserie est devenue une passion ; en troisième, j’ai fait des stages pour voir si je voulais en faire un métier. J’ai continué le lycée (filière scientifique). Les professeurs me disaient que je gâcherais mes capacités dans ce métier... Je ne suis pas du tout d’accord avec cette analyse ! Mes deux parents sont ingénieurs et m’ont soutenue dans mon choix. Après le bac, je suis rentrée en apprentissage. En 2023, j’étais en BTM* chocolaterie depuis quelques mois chez Quentin Bailly, champion du monde de pâtisserie. Quand je l’ai eu, je suis partie travailler en Suisse (chez Mon Chocolatier, à Estavayer-le-Lac). C'est grâce au concours MAF car cela s’est fait par le biais d’un commercial d’une entreprise sponsorisant l’événement. Avec mon fiancé, notre objectif est d’ouvrir une chocolaterie, en Suisse, dans un an et demi. Transmettre me tient à cœur : j’ai eu de très bons formateurs dans ma vie et tout passe par les explications que l’on donne… J’aimerais redonner un souffle nouveau au chocolat suisse ! »

*Brevet technique des métiers.

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