Transmission : un fonds d’investissement en Île-de-France signé CMA

, mis à jour le 19/10/2026 à 15h27
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ouv fonds IDF

Manque de fonds propres pour reprendre la boulangerie de son patron ? Un fonds d’investissement dédié pourrait vous aider, au moins en région parisienne. Il est en construction à l’initiative de la Chambre de métiers Île-de-France – Paris et pourrait peser jusqu’à 50 M€.

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Francis Bussière , Président CMA IDF-Paris

Après avoir rappelé le poids et le rôle majeur de l’artisanat à Paris et notamment en Île-de-France, Francis Bussière, président de la CMA Île-de-France – Paris, a exposé les risques de transmission d’entreprises dans sa région : 70 000 entreprises artisanales devront être reprises en Île-de-France dans les 5 à 10 prochaines années. On rappelle que cette région compte la bagatelle de 375 000 entreprises, emploie 600 000 personnes pour 43 milliards d’euros de chiffre d’affaires, le tout avec 290 métiers représentés. Or, c’est presque 20 % de ces entreprises qui devront changer de mains dans les 10 ans. Et à Paris, comme ailleurs, le plus à même de reprendre une entreprise reste souvent un salarié, en général le bras droit du patron, qui ne dispose pas toujours des fonds nécessaires. Les banques veulent bien prêter, mais pas toute la somme, et demandent des apports coquets. C’est là que le fonds imaginé pourrait intervenir, en apport en fonds propres. Un accompagnement qui pourrait durer de 5 à 7 ans, avec des perspectives de gains, explique Francis Bussière. 

Des rentabilités  de plus de 10 %

Cet ancien cadre bancaire devenu artisan dans le bâtiment rappelle que « les petites structures artisanales offrent souvent de belles rentabilités (plus de 10 %, parfois 15-20 %), ce qui peut attirer des investisseurs en quête de placements concrets et solides, par opposition à des investissements plus volatils comme les startups ou l’IA ». Les acteurs de ce fonds seront des institutionnels mais aussi tout type de profil d’investisseurs, voire d’autres artisans (inspiration de ce qui se fait au Québec), la Banque Populaire (avec les SOCAMA pour des garanties mutuelles) et la SIAGI (société de caution mutuelle interbancaire initiée par CMA France). Quel intérêt de ce fonds pour les investisseurs ? Économiser tout le travail d’étude des dossiers : la Chambre de métiers (qui co-porte le projet avec la Chambre de commerce) dispose des ressources nécessaires en interne pour auditer et qualifier les candidats, puis assurer un suivi régulier, réduisant ainsi les coûts pour le fonds et sécurisant les investissements. Si tout se passe bien, le relais après la sortie du fonds pourrait être pris par la banque, rassurée par cette première expérience positive aux côtés d’un fonds. 

En résumé : la banque prête 60 à 70 % de l’investissement de reprise, et tout ou partie du reste est assuré par le fonds d’investissement. Au bout de 5 à 7 ans, la banque reprend l’ensemble. Une étude est en cours pour finaliser la mise en place du fonds, avec ministère de tutelle et Mairie de Paris… Il devrait voir le jour dans un an avec un capital initial de 10 à 15 millions d’euros, permettant de soutenir une centaine d’entreprises (estimation).

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