La rentrée de l’artisanat - Moral en berne, mais des ressources dans le cartable
Près de 1 artisan sur 2 est pessimiste sur son avenir. Et si 66 % se déclaraient quand même confiants en 2025 ils ne sont plus que ... 29 % ! Le baromètre des CMA glace le sang. Et l'ambiance était lourde lors de la conférence de presse organisée par réseau des chambres de métiers et de l’artisanat le 3 septembre en son siège parisien. Voici les grandes orientations que CMA France suivra pour aider ses ressortissants à faire face aux incertitudes, qui sont légion.
Le baromètre de rentrée que le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) a présenté dessine un paysage contrasté. Alors que les difficultés s’accumulent et limitent les capacités des entreprises artisanales pour investir ou se projeter, l’attachement au métier reste particulièrement fort. Cette situation place le réseau face à un double enjeu : accompagner les professionnels en difficulté et préserver leur confiance dans l’avenir. Un programme dont dépend la survie d’un secteur.
Toujours plus d'accompagnement
Le moral des artisans décroche. 46 % d’entre eux se déclarent pessimistes quant à l’avenir de leur entreprise, contre 31 % d’optimistes (versus 52 % en 2025). Aux difficultés économiques et à l’inflation s’ajoutent de nouvelles inquiétudes ; le contexte politique est cité par 39 % des artisans (19 points de plus en un an), tandis que les tensions géopolitiques et commerciales atteignent 28 % (hausse de 16 points) ; les difficultés des artisans s’inscrivent ainsi dans un environnement plus global, dont ils sentent les fragilités. Cette incertitude pèse directement sur leurs projets. Seuls 55 % des artisans se disent confiants dans leur capacité à atteindre leurs objectifs financiers (contre 82 % l’an dernier) ; concernant leur capacité à investir, la chute est encore plus marquée : 29 % seulement se déclarent confiants, contre 66 % en 2025. En cause, la multiplication des contraintes auxquelles les entreprises artisanales se disent confrontées au quotidien (comme la complexité administrative)… « Nous sommes, pour certains, proches du point de rupture », évoque Joël Fourny, président de CMA France. « (dans notre entreprise ) Nous avons baissé de 30 % notre masse salariale pour nous en sortir », témoigne Yannick Mazette, boulanger et président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région PACA, qui qualifie la situation des artisans de « gravissime ». 64 % des artisans souhaitent davantage de soutien des pouvoirs publics. Ils attendent des réponses concrètes pour préserver leurs équilibres économiques et développer leur activité. CMA France entend répondre à cette demande par un accompagnement de proximité sur mesure, reconnu positivement par 93 % des artisans qui en ont bénéficié. « (…) Moins de complexité, moins d’instabilité et des réponses adaptées à leur réalité. Les artisans n’attendent pas de promesses, mais des solutions concrètes directement utilisables », insiste Joël Fourny.
Capitaliser sur ses forces
Si la conjoncture inquiète, les artisans n’ont pas perdu la foi dans leur métier. 85 % déclarent toujours ressentir la « flamme » pour leur activité et 73 % estiment que l’artisanat correspond pleinement à ce qu’ils souhaitent être professionnellement. Par ailleurs, 88 % des 15-17 ans ont une image positive de l’artisanat. Pour Joël Fourny, il s’agit donc davantage d’une crise des conditions d’exercice que d’une crise de vocation. « La passion est toujours là, intacte », pointe-t-il. Une passion en quelque sorte contagieuse puisque l’artisanat conserve une image très favorable auprès du grand public : 93 % des Français en ont une opinion positive. Proximité, utilité sociale, indépendance, sens du travail et équilibre entre vie professionnelle et personnelle figurent parmi les valeurs associées à ses métiers. La reconversion professionnelle est d’ailleurs un phénomène qui concerne un chef d’entreprise artisanale sur trois. Pour CMA France, tout cela constitue un véritable point d’appui pour l’avenir. « Cette combinaison de valeurs résonne particulièrement avec les attentes exprimées aujourd’hui à l’égard du travail mais aussi de la société. Ce que les Français nous disent, c’est que l’artisanat n’est pas un modèle du passé, c’est une réponse aux aspirations du présent et un choix d’avenir », résume Joël Fourny. Un message que le secteur portera avec fermeté auprès des décideurs politiques de 2027.
>75 % des entreprises déclarent avoir mis en œuvre des actions concrètes à la suite de l’accompagnement proposé par leur CMA ; la même proportion affirme que cet accompagnement aura un impact durable sur leur activité.
>La baisse de moral des artisans touche tous les secteurs : l’alimentation (26 %), les services (30 %), la production (28 %) ou le bâtiment (34 %).
>74 % des artisans n’ont pas prévu de recruter que ce soient des salariés ou des apprentis dans les mois à venir.
(Source : Baromètre Viavoice pour CMA France, Enquête sur la confiance des artisans, mai-juin 2026).