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BATIMAT by PBS

Ruralité – L’artisanat, un capital humain à valoriser

, mis à jour le 31/08/2026 à 01h21
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Table-ronde chez Bpifrance

En juillet, l’Institut Terram et Bpifrance Le Lab ont présenté les résultats d’une étude* révélant qu’en s’impliquant dans la vie locale, les artisans et les commerçants jouent un rôle qui dépasse leur simple activité économique. Cette dynamique porte du fruit à l’échelle de tout un secteur quand le dialogue s’instaure avec des réseaux plus « larges ». 

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« Tout le monde a une affection particulière pour les très petites entreprises mais personne ne nous connaît vraiment », pose Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB, dont les 526 100 très petites entreprises (TPE) parsèment le territoire (et représentent  96 % des entreprises du bâtiment) ; elles sont pourtant « oubliées dans les décisions politiques »… La contribution des artisans et commerçants au maintien des services de proximité et à la vie locale de leur commune est en effet rarement reconnue à sa juste mesure dans le débat public.

Un ancrage fort et ambivalent

43 % des dirigeants de TPE ont grandi dans le village où ils sont implantés et les deux tiers résident dans la commune de leur entreprise. L’implantation rurale relève davantage d’une identité que d’un argument commercial explicitement mobilisé. La ruralité représente une force pour 43 % de ces dirigeants, un mélange d’atouts et de contraintes pour 48 %, quand 9 % seulement y voient une faiblesse. Sur le plan économique, la fiabilité de la main d’œuvre et la faiblesse de la concurrence locale figurent parmi les avantages les plus cités. Les difficultés de recrutement et de fidélisation constituent le premier frein au développement (57 %), devant l’étroitesse du marché local ; l’accès au financement et à l’immobilier d’entreprise complète le tableau. Près de la moitié des dirigeants jugent l’activité de leur territoire en stagnation, sur fond de concurrence des grandes enseignes périphériques et de difficultés de transmission.

Des relations contrastées avec les pouvoirs publics

Une large majorité  des dirigeants (72 %) se disent satisfaits de leur maire, tout en jugeant leurs préoccupations insuffisamment prises en compte (55 %)**. « La concertation ne se fait pas spontanément ; les cultures des élus locaux et des dirigeants de TPE sont différentes », avance Arnaud Brennetot, auteur du rapport, en insistant sur l’enjeu d’intégrer les préoccupations des dirigeants à la décision publique. Dirigeants et élus ont des points et intérêts communs. « Ce que vous vivez en termes de charge administrative, nous le vivons aussi et parfois nous n’avons pas envie de rentrer dans une démarche de marché public, qui est extrêmement complexe, alors que la solution est à portée de main », illustre John Billard, secrétaire général et président par intérim de l’Association des maires ruraux de France. Il prône le terrain politique : « l’entrepreneur peut être dans le conseil municipal pour apporter sa vision aux autres ; c’est comme ça que l’on développe son territoire ! » Il s’agit plus largement de transformer la coexistence en coopération anticipée.

Construire une proximité organisée

« L’enquête montre que la coopération s’enclenche là où existent des cadres partagés, qu’il s’agisse de réseaux professionnels, de dispositifs d’animation ou de lieux de concertation avec les élus. Elle rompt alors l’isolement des dirigeants, facilite le recrutement comme la transmission et améliore le dialogue avec les collectivités », explique Arnaud BrennetotOn peut retrouver cette proximité organisée à chaque échelon de la décision locale. À l’échelle communale (visites de terrain ou point de contact), et à l'échelle intercommunale qui peut porter une fonction d’animation économique via des conseils locaux d’entreprises. « Il faut de la concertation effective à des moments stratégiques de planification où l’on va avoir besoin du point de vue des entrepreneurs (la question du stationnement par exemple, qui ne se décide pas en une soirée). C’est à l’échelle du bassin de vie qu’il faut discuter, en surmontant les querelles de clocher », martèle Arnaud Brennetot. De plus, les réseaux consulaires et professionnels gagneraient à mailler les zones les moins denses en s’appuyant sur des relais locaux (entrepreneurs identifiés). « On parle souvent de responsabilité sociétale, il existe aussi une responsabilité territoriale, observe Philippe Mutricy, directeur de l’évaluation des études de Bpifrance ; la reconnaître c’est reconnaître que les dirigeants des TPE (…) sont des bâtisseurs de cohésion et des artisans de l’avenir de nos territoires. » 

*Auprès de 893 dirigeants de TPE ; une vingtaine d’entretiens ont aussi été menés auprès de chefs d’entreprise et d’élus. Les personnes interrogées ont été sollicitées notamment via Bpifrance Le Lab, la CAPEB et l’U2P.

**Ces deux derniers chiffres viennent du Baromètre des TPE Fiducial-Ifop de janvier 2026.

 

>Les maires (27 %) et les intercommunalités (26 %) restent les principaux interlocuteurs de l’accompagnement des TPE, devant notamment les Régions (21 %) et l’État ou ses opérateurs (20 %). 

Un engagement inégal

L’implication des dirigeants ne forme pas un ensemble homogène. Un registre largement partagé rassemble l’accueil de stagiaires et d’apprentis (73 %) et le soutien au tissu associatif (71 %), qui nourrissent la réputation locale et le recrutement autant qu’ils traduisent une contribution assumée au vivre-ensemble. Un peu moins de la moitié des dirigeants (43 %) déclarent ne participer à aucune action de coopération avec les entreprises de leur territoire (ce qui est source de fragilité et de risque). L’exercice de responsabilités électives est freiné avant tout par le manque de temps (70 %). Trois dirigeants sur quatre (75 %) estiment pourtant contribuer au dynamisme économique et social de leur territoire.

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