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Le Premier ministre s’adresse aux entrepreneurs

, mis à jour le 14/09/2026 à 14h49
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Face aux rumeurs concernant le contenu du projet de loi de finances (PLF) et du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, qui seront présentés dans quelques semaines, le Premier ministre Sébastien Lecornu s’est adressé directement aux entrepreneurs par une lettre publiée sur ses réseaux sociaux le mercredi 9 septembre. Aperçu, en deux thématiques.

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Les quatre vice-présidents et le président de l’U2P, Michel Picon, avaient rencontré le Premier ministre début septembre… Il semblerait que celui-ci les ait entendus sur certains points. Les mois prochains promettent d’être mouvementés (débat des PLF et PLFSS au Parlement, prochaines élections présidentielles qui pourraient rebattre les cartes…), et la notion de stabilité traverse la lettre.

 

  1. Plus de visibilité pour les entrepreneurs

>Fiscalité : Côté fiscalité, c’est dit : « il n’y aura pas d’impôt nouveau. » De plus, le pacte Dutreil, qui permet de faciliter la transmission familiale d’une entreprise, sera préservé. Sébastien Lecornu acte en outre un « principe de confiance » - plutôt que le principe de défiance - qui prévaudra dans la relation entre les entreprises et l’administration fiscale. Ainsi, le silence de cette dernière vaudra accord sur les demandes qui lui seront adressées ; « Passé trois mois de silence, votre interprétation sera réputée acceptée et votre opération sécurisée. C’est un changement de philosophie. » 

>Apprentissage : Si dans l’artisanat les niveaux de prise en charge versés par les opérateurs de compétences aux centres de formation d’apprentis (CFA) ne couvrent pas leurs coûts de formation, le Premier ministre raisonne au global et affirme qu’un « assainissement » du financement de l’apprentissage a été réalisé (« Il fallait rapprocher certaines prises en charge des coûts réellement supportés, corriger des effets d'aubaine… »). Il assure ainsi ses lecteurs de la continuité de la situation actuelle : « En 2027, nous ne toucherons ni aux financements des CFA ni aux aides en faveur des apprentis, ni des aides à l’embauche des apprentis. Ils seront sanctuarisés. »

  1. On sert la ceinture

>Des économies. Il n’y a pas plus de détails, mais « l’État commencera (…) par lui-même. » En effet, « nous ne pouvons pas promettre de la stabilité fiscale aux entreprises si chaque année l’augmentation incontrôlée de la dépense publique finit par appeler de nouveaux prélèvements. » Les collectivités territoriales sont mentionnées, et devront « faire des efforts sur leurs dépenses de fonctionnement. » La dynamique des dépenses sociales doit aussi « être freinée par des réformes structurelles, comme par exemple le chantier ouvert sur les arrêts de travail. » 

>La chasse à ce qui n’est pas utile. Le Premier ministre  affirme que certaines niches fiscales ou sociales passeront par un filtre d’efficience : « une aide ou un avantage qui a perdu son utilité doit pouvoir être interrogé. » Cela vaut aussi pour les aides spécifiques aux entreprises. « Lorsqu’une aide permet réellement d’investir, d'innover, de décarboner ou de produire en France, elle a toute sa place. Lorsqu’elle n'a plus d'efficacité démontrée, elle doit pouvoir être revue. »

Une relativement bonne nouvelle pour terminer ; le Premier ministre a acté ce que Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, avait évoqué il y a plusieurs mois en parlant de « Dutreil salariés ». Ainsi, le "Pacte Papin" permettra de faciliter la transmission aux salariés

Prélèvements obligatoires : le constat du Sénat

Un diagnostic d’ensemble du poids des prélèvements obligatoires sur les entreprises - intégrant à la fois les cotisations sociales, les impôts dits de production et ceux assis sur les bénéfices - a été effectué par une mission sénatoriale. Dans un rapport déposé le 2 septembre, celle-ci juge la fiscalité des entreprises française trop lourde et pénalisante pour la compétitivité et l’investissement. Les prélèvements atteignent 424,5 milliards d'euros en 2025. Le poids des cotisations pèse particulièrement sur les TPE et les métiers à faible marge, dont l’artisanat. Le rapport pointe aussi l’accès inégal des petites entreprises aux dispositifs fiscaux, faute de moyens administratifs ; il préconise dix-sept mesures, dont une programmation fiscale sur cinq ans, la simplification des dispositifs favorables aux TPE-PME et une réforme des allègements sociaux. La mission mesure enfin les impacts des allègements généraux de cotisations sur l'emploi sur la progression salariale et la montée en gamme des emplois.

Consulter le rapport 

Les collectivités s’insurgent

Le 10 septembre, l’association représentant les intercommunalités auprès des pouvoirs publics (Intercommunalités de France) s’est fermement prononcée contre toute mesure revenant sur le fonds de compensation pour la TVA (FCTVA). Selon elle, cette recette pour la collectivité (destinée à compenser la TVA assumée sur certains investissements), non seulement « [encourage] l’investissement et ce faisant la croissance économique » mais « représente aujourd’hui une ressource prévisible, qui respecte l’autonomie financière des collectivités et garantit une égalité de traitement entre elles. » 

La lettre aux entrepreneurs - Sébastien Lecornu

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