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La baisse des aides à l’embauche impacte l’alternance

, mis à jour le 07/09/2026 à 11h58
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Baisse des offres d'alternance

En 2026, le recul des aides à l’embauche ralentit la dynamique générale de l’apprentissage, que ce soit post ou infra bac. Les candidats restent pourtant nombreux car le modèle attire. Un modèle par ailleurs constitutif de l’artisanat, principalement composé de petites entreprises fragilisées par la conjoncture.

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Les offres diminuent dans l’alternance. A titre d'exemple, sur la plateforme Hellowork**, le nombre d’offres a reculé de 12 % en 2025, avant de se stabiliser début 2026. Sur une autre plateforme, JobTeaser, au premier semestre 2026 les offres ont encore baissé de 2 %, tandis que les candidatures ont progressé de 15 %***. 

Rentré dans les mœurs

Pour Adrien Ledoux, CEO et fondateur de JobTeaser, « les grandes entreprises absorbent la baisse des aides, les TPE et PME non. Ce sont elles qui portaient la croissance de l’alternance depuis 2019, ce sont également elles qui s’arrêtent les premières. » Les offres d’alternance des TPME ont chez lui chuté de 19 % au premier semestre 2026, contre seulement 1 % dans les grandes entreprises. Après le décret du 6 mars 2026, les aides à l’embauche d’un apprenti pour la première année d’exécution du contrat sont en effet passées de 5000 € pour un BTS, une licence ou un master (niveaux 5, 6 et 7) à 4500 € pour un BTS et à 2000 € pour les licences et masters. À cela s’ajoute, pour les contrats conclus depuis le 1er juillet 2025, une participation obligatoire de 750 € aux frais de formation (diplômes ou titres de niveau bac + 3 à bac + 5). Les artisans, qui embauchent principalement des CAP ou BP (niveaux 3 et 4) bénéficient toujours d’une aide de 5000 €. La baisse des recrutements ne signifie pas une disparition de l’intérêt des jeunes pour l’alternance, qui semble en quelque sorte « rentrée dans les mœurs » ; les recherches liées à l’alternance ont ainsi progressé de 31 % au premier trimestre 2026 sur Hellowork et les candidatures spontanées explosent sur le site du gouvernement, la bonne alternance

L’artisanat plus sensible

L’étude Hellowork révèle un décalage important entre les métiers les plus proposés et ceux qui attirent le plus les candidats. Les métiers de la data, de la cybersécurité ou de l’administration réseaux figurent parmi les plus populaires auprès des alternants. À l’inverse, certains métiers manuels ou de services comme plaquiste, charpentier, aide-ménager ou auxiliaire de vie peinent davantage à attirer des candidatures. Les CFA du réseau des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) subissent cette année une nette baisse de leurs effectifs  (- 7 %, soit une diminution d’environ 120 000 apprentis, après - 6 % en 2025) ; cette une évolution se place dans un contexte de concurrence accrue entre les différentes voies de formation et de forte prudence des entreprises. 

Les formations de qualité en péril 

Si le réseau des CMA salue la revalorisation de la majorité des niveaux de prise en charge (NPEC) des contrats d’apprentissage (versés aux CFA par les opérateur de compétences) pour les certifications de niveaux 3 et 4, celle-ci ne compense ni les deux baisses successives intervenues depuis 2023, ni la hausse des coûts de formation. « Sur les vingt principales formations qui regroupent 70 % de nos effectifs, aujourd’hui deux seulement sont à l’équilibre. Avec la pleine application des NPEC, elles seraient sept », précisait Joël Fourny, président de CMA France, le 3 septembre. De plus, la baisse ou suppression prévue des dotations régionales inquiète fort les CFA de l'artisanat. « Comment voulez-vous que le réseau puisse continuer à faire des choix d’investissement [sans savoir s’il] s’inscrit dans quelque chose de durable ? », s’insurge le président. La situation est grave. « L’apprentissage est un investissement pour l’avenir, je ne cesse de le dire, et aujourd’hui cet avenir est clairement menacé, pour ne pas dire compromis », déplore-t-il. Le million d’apprentis, objectif fixé par l’État pour 2027, a finalement été franchi... dès 2023. Au 31 décembre 2025, le nombre d’apprentis accueillis dans les CFA a enregistré sa première baisse***.

*Baromètre Hellowork de l’alternance, fondé sur l’analyse des offres diffusées sur ses plateformes entre janvier 2022 et mars 2026.

**Chiffres semestriels sur l’activité de l’alternance en France, issus de la plateforme de recrutement JobTeaser, spécialiste des jeunes talents, intégrée à plus de 800 écoles et universités européennes.

***- 2,8 % par rapport à 2024 (1 020 400 apprentis) ; Repères et références statistiques 2026 (DEPP-SIES). 

 « On est dans un secteur où on n'a pas trouvé mieux que l’apprentissage pour former les jeunes » (Joseph Calvi, président de la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Occitanie).

> Au 31 décembre 2024, 63 % des apprentis préparent un diplôme du supérieur, dont 28 % un BTS. Les formations de niveau CAP représentent 21,1 % des effectifs, tandis que le niveau bac (niveau 4) en rassemble 16,2 %. Les effectifs préparant notamment un CAP, un bac pro ou un BP sont en baisse.

>85,1 % des apprentis sont accueillis dans un CFA privé. Les filles restent minoritaires, avec 42,6 % des effectifs, même si leur proportion progresse avec le niveau de diplôme.

>Près de 508 600 diplômes technologiques et professionnels ont été délivrés à la session 2025 : 95,3 % en CAP (y compris CAPA) pour le niveau 3 ; 53,4 % en baccalauréats professionnels et 40,9 % en baccalauréats technologiques pour le niveau 4.

> En janvier 2025, six mois après leur formation, 62 % des sortants d’apprentissage de niveau CAP à BTS sont en emploi.

(Source : Repères et références statistiques 2026 (DEPP-SIES). 

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