Création-reprise – Le passeport pour entreprendre, une assurance pour l’avenir

, mis à jour le 06/07/2026 à 15h57
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Joël Fourny, président de CMA France

Le réseau des Chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) milite actuellement pour la réintroduction d’une formation préalable obligatoire à chaque création ou reprise d’entreprise. Un passage nécessaire pour consolider tout nouveau projet entrepreneurial, une nécessité pour l’économie française. Explications avec Joël Fourny, président de CMA France.

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  1. Quels constats amènent le réseau des CMA à demander la mise en place d’un « Passeport pour entreprendre » pour tout porteur de projet ?

La loi PACTE de 2019 a supprimé le « SPI » (Stage de préparation à l’installation) car son caractère obligatoire avait alors été considéré comme un obstacle à la création d’entreprise, une réflexion qui s’intégrait dans une volonté générale de simplification. Si nous partageons ce principe, nous avons toujours été opposé à cette décision qui s’est révélée totalement contre-productive : les années qui ont suivi, nous avons constaté que les défaillances d’entreprises non seulement augmentaient, mais aussi survenaient plus tôt. Selon une étude récente*, les entreprises artisanales ayant bénéficié d’un accompagnement de leur CMA affichent de meilleures performances globales que celles qui n’y ont pas eu recours.

  1. Pourquoi revenir ce sujet, maintenant ?

Avec 280 000 entreprises créées par an, dont 77 % sont des micro-entreprises, l’artisanat est un acteur majeur de la création d’entreprises. Ces entreprises sont créées par des personnes qui ont des connaissances « métier » (les gestes), mais qui peuvent avoir des lacunes par ailleurs (quelles obligations fiscales et sociales, comment on analyse un bilan, etc.). Il s’agit de donner à tout créateur ou repreneur la possibilité d’avoir les moyens de réussir. Tout porteur de projet doit avoir les armes pour développer sa micro-entreprise si un marché se présente à lui, pour passer à l’échelle au-dessus et en vivre. L’entreprenariat, c’est aussi la capacité à former des jeunes via l’apprentissage, à créer une dynamique territoriale… C’est un enjeu économique majeur pour le pays, comme ne cesse de le rappeler Serge Papin, ministre chargé des PME, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat. 

  1. Justement, qu’en pense le Ministre ?

Le ministre est attentif à notre demande, conscient de l’ampleur de la casse sociale provoquée par de nombreuses défaillances qui, pour un certain nombre d’entre elles, pourraient être évitées grâce à ce passeport pour entreprendre.

  1. Quel sera son contenu ?

Ce sera au Ministre de porter le dispositif et d’orchestrer sa mise en place avec l’ensemble des parties prenantes, à savoir nous, les chambres consulaires et les organisations professionnelles, avec lesquelles nous travaillons en coopération sur ce sujet. Nous devrons échanger. Il faudra me semble-t-il être dans une approche qui correspond aux créateurs d’aujourd’hui, c’est-à-dire monter un système adaptable de façon souple aux connaissances de chaque porteur de projet (options à choisir, un jour obligatoire et des jours complémentaires…). 

  1. La question du prix de ce passeport peut-elle être un frein ?

Non. On parle de quelques centaines d’euros dont tout ou partie pourrait être pris en charge (CPF, France Travail, aides existantes et locales). Se donner les moyens de bien se lancer et d’assurer la pérennité de son entreprise pour ce montant me semble un investissement judicieux et rentable. C’est aussi un moyen supplémentaire de rassurer le cédant. L’étude menée par le cabinet Qualitest positionne l’accompagnement des CMA au sommet de la hiérarchie des services publics, que ce soit pour l’accueil, la qualité des conseils et le suivi des entreprises. Le passeport pour entreprendre sera un socle pour l’entreprise en devenir. Nous invitons les organisations professionnelles à soutenir avec nous ce moyen de construire sur du roc.

*Qualitest/CMA France auprès de 3280 artisans entre mars et avril 2026.

>Près de la moitié des dirigeants considèrent qu’un accompagnement administratif et juridique constituerait l’aide la plus utile pour réussir une transmission.

>70 % des dirigeants déclarent mal connaître les dispositifs publics ou privés d’aide à la transmission-reprise.

(Source : Baromètre VistaPrint x FTPE, juillet 2026)

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