L’artisanat, un rempart contre la désertification
Il y a de plus en plus d'artisans ! Avec 1,521 million d’entreprises artisanales actives au 1er janvier 2024, le progression est de 22 % en cinq ans. Bonne nouvelle pour les territoires ruraux ou l'artisanat est surreprésenté et où il joue un rôle clé dans le maintien des services de proximité.
Le dernier baromètre ISM-MAAF confirme le dynamisme de l’artisanat en France ; la hausse de 22 % du nombre d’entreprises depuis 2019 correspond à une progression dix fois supérieure à celle de la population (+ 2 %). Le tissu artisanal se développe au plus près de la population, avec une légère sur-représentation dans les zones rurales, puisque 65 % des entreprises artisanales sont implantées dans les communes rurales et les petites villes (qui regroupent 60 % de la population). Le nombre d’artisans augmente même dans plusieurs départements confrontés au déclin démographique, comme les Vosges, la Meuse ou la Nièvre.
Des services de proximité mieux répartis
En parallèle de cette croissance, la part des communes desservies par les services essentiels de l’artisanat progresse. Celles qui disposent d’au moins une entreprise de maçonnerie, de plomberie, de serrurerie, de réparation automobile, de coiffure, de taxis - pour ne citer que celles-là -, sont plus nombreuses qu’il y a cinq ans. Les instituts de beauté et ongleries enregistrent la plus forte progression, passant de 30 % à 41 % des communes couvertes. En revanche les métiers de bouche demeurent fragilisés : si le nombre de communes disposant d’une boulangerie reste stable (37% des communes sont couvertes), la boucherie-charcuterie recule légèrement.
L’emploi salarié artisanal a progressé de 5 % entre 2019 et 2024 (1,8 million d’emplois dans les TPE de moins de 20 salariés fin 2024), même si la tendance s’inverse depuis fin 2023. Il pèse davantage dans les territoires ruraux (notons qu'il recule dans plusieurs départements ruraux malgré la création d’entreprises), mais se développe plus vite en Île-de-France (+ 7,5 %). « Derrière la vitalité entrepreneuriale, c’est donc la question de la consolidation de ce tissu de très petites entreprises dans les territoires qui se pose », analyse Catherine Élie, directrice des études ISM.
(Source : Baromètre de l’artisanat réalisé par l’Institut supérieur des métiers avec le soutien de MAAF, juillet 2026).
Du côté des auto-entrepreneurs
Les auto-entrepreneurs jouent leur part dans le dynamisme des territoires, en particulier ruraux et périurbains selon une autre étude récente*. Celle-ci montre qu’ils contribuent à recréer des services de proximité là où ils faisaient défaut : accompagnement des personnes âgées, artisanat, services aux familles, numérique, formation ou encore bien-être. Près de 4 auto-entrepreneurs sur 10 indiquent avoir été les premiers à proposer leur activité sur leur territoire, tandis que 70 % travaillent principalement avec une clientèle locale. Au-delà de leur activité économique, ils participent à la cohésion sociale : près des deux tiers estiment répondre à un besoin spécifique de la population et près d’un sur deux considère avoir suscité des vocations entrepreneuriales autour de lui. 54 % des répondants estiment que l’éloignement des grandes villes ne freine pas leur développement.
*Étude de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) avec le soutien de la Fondation Le Roch-Les Mousquetaires, juin 2026.