La route, lieu de tous les dangers pour les pros
Les accidents de la route constituent la première cause de mortalité au travail. La prévention est un enjeu majeur, que les dirigeants ne prennent pas assez à bras-le-corps.
C’est un paradoxe : alors que les accidents routiers professionnels constituent la première cause de mortalité au travail, seuls 21 % des dirigeants interrogés l’identifient comme telle, selon un récent baromètre MMA*. En 2024, 424 personnes ont perdu la vie dans un accident impliquant un usager en déplacement lié au travail, dont 314 lors d’un trajet domicile-travail et 110 lors d’un déplacement professionnel, selon les données de l’ONISR**.
Une certaine prise de conscience
L’INRS rappelle que le risque concerne tous les secteurs et tous les salariés amenés à se déplacer pour leur travail***. Dans les petites entreprises, le dirigeant est souvent lui-même au volant et le véhicule constitue parfois un outil de travail indispensable. La prise de conscience des dirigeants progresse au fil des ans. 77 % d’entre eux savent qu’ils peuvent être tenus responsables en cas d’accident lors d’un trajet professionnel (8 points de plus qu’en 2025) ; autre avancée, 51 % intègrent désormais le risque routier dans leur document unique d’évaluation des risques (contre 21 % en 2016).
Des habitudes à risque
Le baromètre met surtout en évidence le décalage entre connaissance du danger et comportements. Près de huit dirigeants sur dix (78 %) reconnaissent avoir déjà adopté au moins une conduite à risque. Le téléphone arrive en tête : 58 % déclarent l’avoir déjà utilisé au volant ; 56 % reconnaissent avoir dépassé les limitations de vitesse et 33 % avoir conduit malgré la fatigue ou la somnolence ; 9 % déclarent également avoir déjà conduit après avoir consommé de l’alcool. La prévention reste pourtant limitée : seul un dirigeant sur quatre affirme avoir mis en place des actions auprès de ses salariés. Parmi ces entrepreneurs engagés, 81 % vérifient régulièrement les véhicules mis à disposition des salariés, 35 % proposent des formations de sensibilisation ou d’éco-conduite et 43 % ont instauré une charte de bonnes pratiques au volant.
En 2026, les dirigeants disent à hauteur de 40 % souhaiter être davantage accompagnés sur les enjeux et règles liés au risque routier en entreprise, soit près de deux fois plus qu’en 2025 (21 %). Pour l’INRS, la prévention doit agir sur plusieurs leviers : l’organisation des déplacements, le choix et l’état des véhicules, les communications au volant et les compétences des conducteurs. Cette démarche demeure particulièrement importante pour les TPE artisanales ; un accident peut avoir non seulement des conséquences humaines, mais aussi désorganiser directement l’activité.
*11e baromètre sur le risque routier professionnel auprès des dirigeants de TPE-PME, MMA/Ifop, avril 2026.
**Observatoire national interministériel de la sécurité routière, La sécurité routière en France – Bilan de l’accidentalité de l’année 2024, septembre 2025.
***INRS, Le risque routier. Les déplacements pour le travail, septembre 2025.
Signaler les zones dangereuses
La Ligue de défense des conducteurs (LDC) a créé il y a quelques années une plateforme de signalement de zones dangereuses, Activ’Route, qui compte plus de 25 000 usagers. Mode d’emploi pour y collaborer.
>Étape 1 : Vous repérez un défaut sur la chaussée susceptible de créer un accident (nid-de-poule, ralentisseur dangereux, etc.).
>Étape 2 : Téléchargez gratuitement l’appli (iOS/Android) ou utilisez le site internet www.activroute.org.
>Étape 3 : Remplissez le formulaire, simple et ergonomique (géolocalisation automatique, description du problème).
>Étape 4 : L’équipe de la LDC transmet l’alerte au gestionnaire de voirie préalablement identifié dans une liste de 60 000 contacts référencés, assure le suivi et les relances jusqu’à résolution.
Informations détaillées disponibles ici.