BTP – Luttez contre le vol... surtout l'été !

, mis à jour le 20/07/2026 à 12h01
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Panneau de travaux modifié

L’été, période de moindre activité et de départs en vacances, est particulièrement propice aux vols sur les chantiers. Face à ce fléau, les professionnels s’organisent. Le point avec Philippe Servalli, président de la FFB Grand Paris-Île-de-France.

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« Pas plus tard qu’il y a quinze jours, nous avons eu un vol de matériel de location dans l’un de nos chantiers situé dans le Val d’Oise, malgré le gardiennage électronique et l’utilisation de conteneurs sécurisés », évoque Philippe Servalli, dirigeant d’une PME spécialisée dans la maçonnerie et le gros-œuvre en Seine-Saint-Denis (pour un montant entre 15 et 20 000 euros). 7 entreprises du bâtiment sur 10 déclarent ainsi avoir déjà été victimes d’un vol d’engins ; un phénomène en augmentation : entre 2024 et 2025, le nombre de vols d’engins a doublé*. « Les entreprises en souffrent énormément ; d’abord pour la perte sèche que cela représente, ensuite pour la désorganisation totale du chantier (retards, matériel à remplacer dans l’urgence, démarches administratives…) et enfin pour le risque pour nos ouvriers », poursuit celui qui estime le préjudice financier des vols pour son entreprise autour de 60 000 euros en 2025.

Rien ni personne n’est épargné

Que ce soit du matériel semi-lourd (plaque vibrante de compactage…), de l’outillage « lourd » (pelles, mini-pelles, engins de manutention…) ou encore des matériaux, tout peut y passer. Une fourgonnette cambriolée, « cela peut être fatal à une petite entreprise qui n’aura pas les moyens de racheter pour 10 000 euros d’outillage », rappelle Philippe Servalli. « Telle autre entreprise s’est fait démonter en un week-end deux semi-remorques d’échafaudages… » Des réseaux bien organisés alimentent d’autres réseaux de revente ; le travail au noir n’y est pas étranger. À la campagne, « le risque est davantage sur le gros matériel. » 

Quelques conseils

Chaque entrepreneur doit mettre en place ses propres mesures de dissuasion/protection, qui vont du bon sens à un réel investissement financier. « Il faut se méfier de tout et de tout le monde. Cela doit devenir une culture d’entreprise pour l’ensemble de la chaîne des collaborateurs, de l’ouvrier à la direction », insiste Philippe Servalli. Cela va du fait de ne pas laisser le petit outillage dans le bureau du chef de chantier à l’utilisation d’un prestataire de gardiennage, en passant par la sécurisation les engins lourds (géolocalisation bien dissimulée, enlever une pièce du moteur pour le week-end…). Les véhicules et engins peuvent être garés/entreposés de façon à compliquer leur enlèvement. Le Groupement de gendarmerie départemental de Saône-et-Loire préconise de ne jamais laisser d’outillage visible dans les véhicules, de stationner si possible dans un endroit éclairé et fréquenté, de fermer systématiquement portes et fenêtres, d’utiliser des antivols complémentaires (barres, cadenas, alarmes, traceurs GPS…), de ne pas laisser les papiers du véhicule à l’intérieur, mais aussi de graver ou identifier votre matériel et de signaler immédiatement tout comportement suspect aux forces de l’ordre.

L’expertise des syndicats 

En plus de ces dispositions qui vous sont propres, votre organisation professionnelle peut vous apporter son expérience sur le sujet. La FFB Grand Paris Île-de-France accompagne ses adhérents avec le dispositif « Ras le vol », mis en place en partenariat avec les forces de l’ordre (voir encadré). La CAPEB 71 propose notamment un « Kit de marquage » de propriété médico-légale ADN conçu pour les outils et l’équipement et a un partenariat avec la gendarmerie (alertes en temps réel…). Côté assurances, vérifiez vos contrats et garanties. Louer son matériel en moyenne ou longue durée devient selon Philippe Servalli une « nouvelle façon d’appréhender le chantier. » Si tous les locataires de matériel proposent une assurance, « cela revient moins cher de l’avoir en propre », poursuit celui qui préconise le contrat d’assurance Kantor location (SMA-BTP), qui permet d’assurer en une fois le matériel et les engins pris en location. 

Après un vol, n’oubliez pas de porter plainte (soit auprès de la Brigade ou du Commissariat le plus proche, soit en ligne) ! Le fléau du vol est une préoccupation estivale de plus pour les entrepreneurs du bâtiment, déjà peu épargnés par la « météo » (canicule, mais aussi coup de rabot de MaPrimeRénov' sur les aides aux travaux de rénovation énergétique par gestes au 1er septembre…).

*Chiffres issus du Baromètre des vols et de la récupération après-vol dans le BTP 2026, de Coyote Business Service.

Ras le vol !

« Ras le vol » est un dispositif d’accompagnement gratuit pour les adhérents de la FFB Grand Paris Île-de-France, conçu pour les outiller et transformer une fatalité perçue en risque maîtrisable. Lancé en 2008, en partenariat avec le ministère de l’Intérieur, il repose sur cinq piliers :

  1. Évaluation des risques du chantier (questionnaire en ligne avec une trentaine de questions), aboutissant à une note de menace globale et à des préconisations adaptées. 
  2. Choix des mesures de protection avec un conseiller régional de la FFB (positionnement des caméras, etc.). 
  3. Inventaire détaillé du matériel de valeur (potentiellement utile aux forces de l’ordre). 
  4. Signalement d’un chantier sensible aux autorités. 
  5. Réaction efficace après un vol (rendez-vous prioritaire pour porter plainte).

>Le préjudice global des vols sur chantiers atteint près d’1 milliard d’euros par an pour l’ensemble de la Profession.

(Source : FFB/Étude réalisée en 2024 par l’agence OnePoll pour BauWatch).

>2/3 des vols sont commis la nuit ; 1 vol sur 2 a lieu le week-end.

>45 000 € : Coût moyen du dernier vol subi par une entreprise (+ 45 % par rapport à 2024).

>3/4 des professionnels ont subi une perte d’exploitation suite à un vol.

 (Source : Baromètre des vols et de la récupération après-vol dans le BTP 2026, de Coyote Business Service).

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