Spécial P'Artisane : Gabriella Brami bâtit l'équité au cordeau
Elle dirige une entreprise de maçonnerie, s'ingénie à composer des équipes mixtes via son réseau de carreleuses, électriciennes, plombières. Gabriella Brami se montre aussi dans les écoles, les forums pour changer l'image un tantinet masculine de son métier.
À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, nous vous proposons une série de portraits d'artisanes, mieux de "P'artisanes" tant leurs combats son ancrés... Ou quand l’engagement artisanal revêt une portée qui dépasse le savoir-faire, pour toucher à l’universel.
Faire tomber les a priori
Gabriella Brami dirige une entreprise de rénovation et de maçonnerie générale dans le Val-de-Marne (Batiwomen, 4 salariés, 200 000 euros de CA). Un des moteurs de sa vie est de repousser les barrières mentales que se créent les femmes. D’abord dans son travail, où elle met un point d’honneur à accueillir des stagiaires et à composer des équipes mixtes via son réseau de carreleuses, électriciennes, plombières, etc. « Je ne suis pas dans une logique d’égalité stricte, mais d’équité. Quand on identifie la valeur ajoutée de chacun, femmes et hommes sont complémentaires », explique-t-elle. « Cela devient une force sur les chantiers. »
Ensuite, la chef d’entreprise accompagne la FFB Grand Paris Île-de-France lors d’interventions dans des établissements scolaires, forums des métiers, agences France Travail et Missions locales. « C’est en parlant, en montrant des exemples, des modèles, que l’on change l’image de nos métiers ». Elle voudrait ainsi développer sa présence sur les réseaux sociaux « parce plus on montre la voie, plus il devient naturel pour une jeune femme d’envisager ces métiers ! » Au-delà de son activité de bâtiment, Batiwomen s’investit dans une mission associative bénévole permettant d’ouvrir le travail - au sens large - aux femmes. L’association proposera bientôt des formations certifiées. « La mixité est une nécessité pour répondre aux besoins du secteur et faire évoluer durablement les mentalités », martèle l’artisan de 39 ans, qui concède qu’« aujourd’hui le BTP est plus ouvert que quand j’ai commencé ». Cela porte donc du fruit.