Fabien Massé : un centralien quitte Thomson pour la maroquinerie
Grand écart pour ce centralien chargé de brevets chez Thomson. L'ingénieur va discrètement suivre un CAP de maroquinerie avant de tout plaquer et de rentrer d'abord chez Hermés puis de se lancer !
Fabien Massé, maroquinier (Quimper) : un équilibre qui reste fragile
« Les deux dernières années n’ont pas été très fastes en termes de conjoncture, c’est une vraie difficulté quand on n’est plus salarié… », pose Fabien Massé qui a ouvert son atelier-boutique de maroquinerie le 23 octobre 2021. Cet ingénieur diplômé de l’École Centrale de Lyon a travaillé dans l’ingénierie informatique puis le conseil autour des systèmes d’information, avant d’être embauché par Thomson pour la gestion des brevets. « J’avais depuis assez longtemps une appétence pour le travail manuel et l’envie d’allier ça à mon parcours professionnel ». Sa transition vers l’artisanat s’est faite en douceur. Tout en étant salarié, il passe son CAP (cours le mercredi après-midi) et se débrouille pour faire des stages variés lors de ses congés ; « je gardais ça pour moi ». Sûr de son choix, il quitte son poste fin 2014 et est embauché chez Hermès début 2015, « avec toujours l’envie d’être à mon compte pour avoir la dimension totale du métier : contact avec le client, design des pièces, etc. ». Il quitte Hermès en août 2020, prépare son projet puis cherche un local à Quimper. L’artisan fait du haut de gamme, « des choses très finies (petite maroquinerie, sacs de voyage, objets pour la maison…) » ainsi que tout projet sur-mesure (15 % de son chiffre d’affaires). Son expérience chez Hermès lui a fait connaître des fournisseurs et il collabore uniquement avec des filières françaises (cuirs, accessoires). Dernièrement, la potentielle révision du régime de la franchise en base de TVA lui a donné des sueurs froides. « Quelle inquiétude, devoir se retrouver à facturer 20 % de plus ou à avoir 20 % de marge en moins… Je n’aurais pas pu augmenter d’un coup mes tarifs, je ne suis pas dans une grosse ville. » Le maroquinier a beaucoup investi (machines, local avec pignon sur rue…) ; construire sa clientèle prend du temps. « Je n’ai jamais regretté mon choix », reconnait celui qui a une « approche peut-être plus "ingénieur" que d’autres, qui seraient plus empiriques ; il peut m’arriver de faire des calculs… »