Benjamin et Valentin, ces supers diplômés convertis à la carrosserie
Les frères Labonne ont "bien marché dans les études", comme on dit ! Doctorat en physique théorique pour Benjamin , Master en management commerce pour Valentin, mais ils ont décidé tous les deux de reprendre la carrosserie de papa.
L’entreprise comptait 60 salariés et cinq centres en 2023. « L’année dernière a été dure et nous avons dû fermer un site ; les gens dépensent moins, donc circulent moins. Nous connaissons de plus une baisse de la sinistralité continue depuis vingt ans (hausse du carburant, technologies et capteurs qui évitent les chocs, etc.) », explique Benjamin Labonne, son dirigeant, qui a rejoint en 2007 l’entreprise de carrosserie fondée par son père en 1973. « J’ai un doctorat en physique théorique et mathématique ; mon but était de comprendre la relativité générale d’Einstein… » Son père cherche un repreneur et il décide contre toute attente de lui succéder. Il repart de la base : CAP carrosserie, mention complémentaire en peinture automobile et CAP mécanique.
Son frère Valentin, titulaire d’un master en management et commerce, intégrera quant à lui la structure en 2020. La carrosserie (45 salariés aujourd’hui et 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires) a pu anticiper la crise. « Nous avons mis en place un plan de départs volontaires début 2025. » Après 15 ans de croissance (externe, CA), « le marché se dérobe sous nos pieds. » Les dirigeants ont fait le choix de se restructurer autour de leur cœur de métier ; en septembre dernier, le travail a été réorganisé via un logiciel métier très spécifique optimisant les réparations (lancées une fois les pièces nécessaires obtenues), ce qui favorise le confort et la qualité de travail des collaborateurs. En outre, le marché de la collision est dominé par les accords assuranciels et 90 % des carrosseries ont des agréments. Pas eux. L’indépendant assume le choix de la qualité : pas d’apport de flux au détriment de celle-ci. L’entreprise fait ainsi tout un travail de pédagogie, notamment sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, LinkedIn, Tik Tok). « C’est un combat de tous les jours de se faire connaître, de faire connaître la loi quant à la liberté de choix de son réparateur (Hamon 2015). »