Travailleurs non-salariés – De plus en plus nombreux, de moins en moins payés

, mis à jour le 20/07/2026 à 11h54
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Baisse des revenus des TNS

Selon des données récentes de l’Insee (fin juin 2026), on dénombrait 4,3 millions de travailleurs non salariés fin 2024 (agriculteurs inclus). Hors agriculture, on compte 52 % de micro-entrepreneurs, dont les revenus d'activité sont à la baisse.

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Fin 2024, il y avait 4,5 % de travailleurs non salariés (TNS) en plus par rapport à l’année précédente (hors agriculture). Si le nombre de non salariés "classiques" (entrepreneurs individuels ou gérants majoritaires de sociétés) n’a cru que de 0,7 % (ils sont 1,9 million fin 2024), le nombre de micro-entrepreneurs (+ 8,2 %), lui, dépasse pour la première fois les 2 millions.

En moyenne, le revenu des non-salariés classiques s’élève à 4150 euros par mois (nettement en deçà du niveau d’avant la crise sanitaire), et 9 % d'entre eux déclarent un revenu d’activité nul ou déficitaire (versus 10,6 % en 2023). Près d’un nonsalarié classique sur deux gagne plus de 3000 euros par mois et 8 % perçoivent plus de 10 000 euros de revenus mensuels. Les taxis et VTC ainsi que les activités de coiffure et soins de beauté font partie des activités les moins rémunératrices (respectivement 1540 euros et 1690 euros). En euros constants (corrigés de l’inflation), on constate une hausse de 0,7 % du revenu d'activité moyen des non salariés classiques en 2024 (après - 4,4 % en 2023).

Un statut d'appoint

Quant aux micro-entrepreneurs, ils perçoivent en moyenne 680 euros par mois, un quart gagnant moins de 80 euros par mois et la moitié moins de 330 euros. Ce régime correspond souvent à une activité d’appoint : 32 % cumulent avec une activité salariée (contre 10 % chez les non-salariés classiques) et atteignent un revenu d’activité global moyen de 2570 euros. Le revenu moyen des micro-entrepreneurs diminue de 2,2 % en euros constants en 2024 (après une baisse de 3,5 % en 2023). Ces baisses effacent les gains de pouvoir d’achat accumulés de 2020 à 2022, si bien que le pouvoir d’achat du revenu d’activité moyen des micro-entrepreneurs retrouve son niveau de 2019. La baisse est plus prononcée chez les taxis et VTC (- 14,5 %).

Les femmes, qui représentent 42 % des TNS, gagnent moins que les hommes (- 19 % pour les non-salariés classiques, - 17 % pour les micro-entrepreneurs).

(Sources : Veille Artisanat de CMA France/INSEE Première n° 2114 - Juin 2026)

Les dirigeants de TPE "encaissent"

Au 2e trimestre 2026, plus de la moitié (52 %) des dirigeants de TPE se versent une rémunération inférieure au SMIC ; leur revenu personnel  joue le rôle de variable d’ajustement lorsque l’activité ralentit ou que les charges augmentent. Une situation qui fragilise à la fois leur protection personnelle, leur capacité d’épargne et leur aptitude à faire face à de nouveaux chocs économiques.

Les intentions de recrutement restent durablement faibles (malgré quelques variations trimestrielles). Au 2e trimestre 2026, 13 % des TPE recherchent du personnel (contre 22 % au début de 2024) ; cette prudence est cohérente avec le recul du chiffre d’affaires, des marges et de la confiance.

Sur le temps long, les données décrivent une érosion progressive des marges de sécurité des TPE. La dégradation de la rentabilité, la faiblesse du moral (91 % expriment aujourd'hui un sentiment négatif) et le niveau élevé des intentions ou pensées de cessation d'activité (34 %) témoignent d’un tissu de TPE toujours sous forte pression.

(Source : SDI, Baromètre T2 2026 – juillet 2026)

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