Les petites entreprises, plus fragiles

, mis à jour le 27/07/2026 à 14h27
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37 700 entreprises ont fait défaut sur les six derniers mois, soit 1500 de plus qu’à la même période en 2025. Les très petites et les jeunes entreprises sont les plus exposées. Chez les artisans, la construction et le commerce (hors automobile) sont stables tandis que les services décrochent.

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Avec 17 486 procédures ouvertes, en hausse de 5,4 % sur un an, le deuxième trimestre confirme le niveau élevé de défaillances en France selon les derniers chiffres d’Altares*. Même si le rythme décélère depuis plusieurs mois, le volume des défauts dépasse de près de 40 % les seuils observés avant la crise sanitaire (les défaillances trimestrielles étaient alors inférieures à 13 000). Les liquidations judiciaires directes restent très largement majoritaires avec 11 591 jugements (en hausse de 4,8 % sur un an). La dynamique du trimestre est tirée par les 5546 redressements judiciaires (en hausse de 7,1 %). L’impact social de ces défaillances est important mais il s’atténue car ce sont les très petites entreprises qui  sont en première ligne.

+ 8 % de TPE sur un an

Les structures de moins de trois salariés concentrent 75 % des procédures collectives et donnent le « la » de la tendance globale : 13 185 défaillances ont été recensées (en hausse de 8,3 % sur un an). Ce phénomène illustre la persistance des tensions de trésorerie qui les affectent. À l’inverse, les entreprises de 3 à 19 salariés affichent une amélioration relative (3769 défaillances au T2 2026, en recul de 3,3 % sur un an). Cette tranche, qui représente encore 21,6 % des procédures, contribue à amortir la dégradation globale du trimestre. On observe par ailleurs un recul des liquidations directes parmi les structures d’au moins 20 salariés (129 jugements, soit - 12,2 %). 

La jeunesse (d’entreprise) fortement exposée

Les entreprises de 3 à 5 ans demeurent les plus nombreuses à défaillir (4913 procédures recensées au T2 2026), mais leur hausse (+ 5,1 %) est alignée avec la tendance globale (+ 5,4 %). Les défaillances des structures de moins de trois ans progressent de 12,7 % sur un an pet lus des trois quarts se soldent par une liquidation judiciaire directe. L’essentiel (93 %) de ces jeunes entreprises ne sont pas des micro-entreprises, mais des sociétés commerciales ; la restauration, la vente et la réparation automobile sont très représentées. Les entreprises de 6 à 10 ans affichent également un niveau élevé de défaillances, avec 4665 procédures (+ 3,1 %). 

Zone de turbulence pour de nombreuses activités 

Selon l’étude d’Altares, la construction fait preuve d’une remarquable stabilité (- 0,8 %), mais à un niveau qui demeure élevé (4148 défaillances au T2 2026). Cette résistance résulte d’évolutions opposées : le recul sensible des défaillances dans le bâtiment d’une part (embellies côté gros œuvre et second œuvre ; plâtrerie et charpente en difficulté), forte dégradation des activités immobilières et travaux publics de l’autre. Le commerce quant à lui présente des volumes de défauts en hausse de 1,9 % (3466 défaillances), alimentés principalement par la forte dégradation du commerce et de la réparation automobile, tandis le commerce de détail montre des signes d’amélioration (hors boucherie, avec des défauts en hausse de 18 %). Les services aux consommateurs enregistrent une nette dégradation au deuxième trimestre 2026 (811 défaillances, en hausse de 15,7 %), qui touche presque toutes les activités ; les coiffeurs sont les plus exposés en volume avec 312 défaillances (+ 12,2 %). Les activités de réparation se dégradent également fortement (+ 32 %). Les autres services à la personne progressent eux aussi à un rythme élevé, du pressing aux services funéraires en passant par le coaching ou la conciergerie multi-services. Pour Thierry Millon, Directeur des études chez Altares, « l’économie française résiste mais s’essouffle. (…) Face à une demande atone et à des coûts d’exploitation toujours élevés, les entreprises mobilisent davantage leurs ressources de trésorerie. (…) L’enjeu est alors moins de développer le business que de préserver les capacités de rebond en sécurisant trésoreries, investissement et chaînes d’approvisionnement. » 

*Étude Altares Défaillances et sauvegardes d’entreprises – 2e trimestre 2026 ; 16 juillet 2026.

« Les prévisions de croissance s’orientent désormais sur un taux de + 0,7 %, un scénario incompatible avec un reflux des défaillances d’entreprises. » (Thierry Millon, Directeur des études Altares).

Zones rouges – Occitanie, Hauts-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes

Les tensions sont plus marquées dans trois grandes régions. L’Occitanie enregistre 1533 défaillances (+ 6,8 %) ; la hausse est tirée par l’Hérault, mais huit autres départements sont également dans le rouge. À l’inverse, le nombre de défauts recule en Haute-Garonne. Les Hauts-de-France comptent 1247 défaillances (+ 8,5 %) ; cette dégradation est portée par le Nord, le Pas-de-Calais et l’Aisne. La situation est particulièrement tendue en Auvergne-Rhône-Alpes, où les défaillances bondissent de 22,9 % pour atteindre 2418 procédures ; la hausse est portée par le Rhône et l’Isère. Seuls deux départements, l’Ain et le Cantal s’améliorent.

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