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Tensions internationales - Les TPE fragilisées

, mis à jour le 01/06/2026 à 10h54
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Problème de tréso

Hausse des coûts, baisse de la demande, inquiétudes géopolitiques : les dirigeants des très petites entreprises (TPE) anticipent un climat économique difficile. La grande majorité d’entre eux adapte déjà sa stratégie pour faire face.

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Les TPE françaises abordent les prochains mois avec inquiétude. Selon un récent baromètre IFOP-Fiducial*, 82 % des patrons se disent préoccupés par le contexte international, marqué par les conflits successifs au Moyen-Orient, la guerre en Ukraine et les tensions diplomatiques générées par les États-Unis. Les entreprises qui exportent, comme celles de l’industrie, sont les plus préoccupées. 

Parades à la hausse des coûts

Une majorité des dirigeants de TPE (84 %) anticipent de fortes répercussions négatives de la situation internationale sur leur écosystème dans les six prochains mois : 66 % sur leur secteur d’activité, mais aussi sur leur propre activité (63 %) et celle de leurs fournisseurs et sous-traitants (63 %). Près d’un dirigeant sur deux craint une augmentation du prix de l’énergie et des achats (services, fournitures ou matières premières) ; près d’un tiers redoute une baisse de la demande (35 %) et une baisse de chiffre d’affaires (33 %). 

Face à cette instabilité, les TPE tentent de s’adapter. Neuf dirigeants sur dix ont déjà pris, ou envisagent de prendre, des mesures pour limiter l’impact de la crise. La réduction des dépenses constitue la réponse la plus fréquente (70 %), devant le report des investissements (56 %) et la hausse des prix de vente pour compenser l’augmentation des coûts (55 %) ; cette dernière mesure présentant le risque de créer une nouvelle spirale inflationniste. La flambée des prix du carburant pousse aussi les entreprises à revoir leur organisation. Certaines regroupent (ou ont l’intention de regrouper) leurs déplacements, livraisons et rendez-vous (63 % des TPE), tandis que d’autres réduisent (ou en ont l’intention) les trajets professionnels (54 %). La moitié des dirigeants souhaite répercuter cette hausse sur les prix, et 42 % d’entre eux refuseront certaines missions trop coûteuses en carburant.

Défiance envers le gouvernement. 

La plupart des dirigeants (84 %) n’a pas confiance dans les mesures et actions du gouvernement (- 3 points par rapport au 4e trimestre 2025). Ils attendent prioritairement un soutien sous la forme d’allègements des charges sociales sur les salaires, et d’une baisse des cotisations patronales. Ces mesures sont davantage citées que la mise en place d’un bouclier tarifaire sur les prix de l’énergie (33 %) ou que le gel des taxes sur les entreprises (24 %). « Une politique énergétique crédible ne peut pas reposer uniquement sur des dispositifs facultatifs financés par des entreprises dont beaucoup sont déjà fragilisées », ajoute Marc Sanchez, Secrétaire général du SDI, qui critique le report sur les entreprises du versement d’une prime défiscalisée et désocialisée et prône a contrario une baisse générale de la fiscalité sur les carburants. Le pessimisme progresse également : six patrons sur dix se montrent inquiets pour l’avenir de leur entreprise, tandis que près d’une TPE sur deux déclare déjà rencontrer des difficultés financières (46 %).

*83e baromètre de conjoncture Fiducial des TPE - 1er trimestre 2026 ; avril 2026. 

Tréso en baisse, impayés en hausse

Selon les dernières données publiées par l’Observatoire de la trésorerie des TPE et PME d’Axonaut, la santé financière des très petites et moyennes entreprises continue de se dégrader par rapport aux années précédentes. Le premier trimestre 2026 est marqué par une double dynamique négative : un recul de la trésorerie disponible (- 546 euros), couplé à une hausse persistante des factures impayées. Si la diminution de 546 euros peut paraître modérée sur un an, elle s’inscrit dans une tendance préoccupante globale ; en 2022, les TPE/PME françaises affichaient une situation nettement plus robuste avec en moyenne 26 000 euros de trésorerie (versus 15 740 € au 1er trimestre 2026, soit - 3,3 % par rapport au 1er trimestre 2025) et seulement 17 700 euros d’impayés (versus 29 820 €  au 1er trimestre 2026). Ces chiffres témoignent des difficultés croissantes que rencontrent les dirigeants, la trésorerie étant un indicateur clé pour comprendre la faisabilité des projets, tandis que les impayés demeurent la première cause de faillite des entreprises.

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