Jean-Christophe Repon : « Il faut un réflexe TPE dans chaque décision publique »

, mis à jour le 27/04/2026 à 08h36
Image
Le secrétaire général de la CAPEB Matthieu Rosy et Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB.

Réélu jeudi 23 avril président de la CAPEB pour un troisième (et dernier) mandat de 3 ans, Jean-Christophe Repon en a profité pour rappeler les actions en cours et déplorer la mise à l’écart des TPE artisanales dans les prises de décision gouvernementales.

Partager sur

Depuis la crise du Covid jusqu’à l’actuel conflit au Moyen-Orient, le secteur du bâtiment n’en finit pas de souffrir ; « nous sommes dans une récession majeure depuis deux ans, et observons encore sur le 1er trimestre 2026 une baisse d’activité de 1,5 % (avec un recul spécifique de la construction neuve de 2,5 %) », pose d’emblée le président reconduit. Face à l’inéluctable - la conjoncture -, reste l’action.

Des mesures proposées

La CAPEB a formulé en quinze propositions, en avril 2026, un plan de sauvegarde de l’artisanat du bâtiment ; le syndicat salue la prise en compte de certaines d’entre elles, comme la mise en place d’une mesure compensatoire sur le gazole non routier pour les TPE du bâtiment (dès le mois de mai, jusqu’à environ 20 centimes par litre de GNR), la concertation des acteurs sur un délai de prévenance des fournisseurs, ou encore l’examen d’un recours facilité à l’activité partielle (comme au moment du Covid). Le plan comprend notamment l’installation d’un observatoire des prix dans le cadre du Comité de crise interministériel du bâtiment, sur lequel insiste Jean-Christophe Repon. « Il s’agit pour nous de comprendre, analyser et prévenir les augmentations de prix (par segments de production). » Comprendre pour ne pas subir, et empêcher que certains acteurs profitent des crises pour augmenter leurs marges. « Nous n’avions pas pu l’avoir au moment de la guerre ukrainienne et les prix ont augmenté de l’ordre de 30 % sans revenir à leurs niveaux initiaux. » Les artisans du bâtiment sont au bout du rouleau et subissent actuellement la « crise de trop » ; des mouvements de mécontentement ont lieu à divers endroits du territoire.

La TVA à 5,5 %, le nerf de la guerre

Pour donner du pouvoir d’achat aux particuliers et donc de l’activité aux TPE du BTP, Jean-Christophe Repon réaffirme avec force l’importance de la généralisation du taux de TVA à 5,5 % sur tous les travaux de rénovation (au lieu de 10 %). Une mesure présentée comme « indispensable » dans le contexte actuel, qui représenterait pour le secteur 2,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 10 à 11 000 emplois créés. L’ampleur du stock de logements à rénover impose un soutien de l’État à la rénovation, à l’instar des décisions prises pour la construction neuve… « Je ne comprendrais pas que le gouvernement détourne la tête. » 

Isolés, mais en force

Une des mesures du plan électrification présenté le matin-même irrite la CAPEB (MaPrimeRénov’ pour une rénovation d’ampleur conditionnée au chauffage électrique) ; « nous l’avons apprise par voie de communiqué ; (…) on peut regretter que sur un sujet qui va impacter directement les artisans, nous n’ayons pas été associés, informés en amont, ni consultés. Surtout qu’à la même période nous travaillions avec motivation sur le parcours de rénovation. » Et de rappeler que l’isolation est prépondérante « car la bonne énergie c’est celle qui n’est pas consommée. » Si possible décarbonée, certes, mais la CAPEB maintient sa position d’ « équilibre du mix énergétique. » Cette annonce est ainsi jugée « contre-performante » dans un contexte où, une semaine avant, le 17 avril, lors de l’AG de la CAPEB, le ministre du logement Vincent Jeanbrun se disait favorable au parcours de rénovation et favorable à plus d’entreprises qualifiées pour avoir accès au marché de la rénovation (label RGE via la validation des acquis de l’expérience). « Nous avons besoin d’un arrêté "RGE via la VAE" et de la volonté de l’ensemble des organismes qualificateurs de porter ces sujets-là ! » Pas de pré carré réservé à certaines entreprises, mais de l’ouverture et de l’entraide. « Nous nous battons pour que les entreprises rentrent sur le marché de la rénovation, tout en préservant la qualification et la qualité, (…) et pour que demain nous soyons 100 000 entreprises RGE et pas 50 000 ! », s’emporte-t-il. Les entreprises artisanales représentent 96 % du secteur, et la moitié des salariés du bâtiment. 

« Le combat de la CAPEB est porté au niveau européen ; l’Artisanat européen de la construction (ECA) que je préside a exprimé, en lien avec les organisations syndicales de salariés, le souhait de limiter les rangs de sous-traitance afin d’éviter la paupérisation de ceux en bout de chaîne, la plupart temps des entreprises artisanales. » (Jean-Christophe Repon, président de la CAPEB).

Conflit au Moyen-Orient et prix

92 % des artisans du bâtiment déclarent être impactés par la hausse des carburants. 

70 % des répondant indiquent avoir reçu des annonces de hausses tarifaires de leurs fournisseurs, applicables dès le 1er avril, entre + 2,5 % et + 20 % selon les produits. 

Le bois, le béton, le cuivre, le PVC, le zinc ainsi que certains isolants sont les matériaux les plus concernés par les hausses.

(Source : Enquête CAPEB ; mai 2026)

Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire

Sur le même sujet