Plan d'électrification : ce que cela change pour les artisans
Le Gouvernement a présenté jeudi 23 avril son plan d’électrification de l’économie, articulé autour de 22 mesures visant à accélérer l’électrification des usages et à réduire la dépendance aux énergies fossiles. Du bâtiment à l’artisanat en passant par les transports, focus sur quelques mesures qui peuvent vous concerner.
Bâtiment
>Afin de massifier l’installation de pompes à chaleur (PAC) chez les particuliers, une offre « clés en main » est créée pour les PAC (hors air-air). Une solution intégrant les travaux, le financement, la maintenance des équipements et éventuellement la fourniture d’électricité. Ceci impliquera de réunir plusieurs opérateurs (installateurs, etc.) au sein de « consortiums » labellisés par l’État. L’objectif est de proposer les premières offres avant l’hiver.
>À compter du 1er septembre 2026, il ne sera plus possible de bénéficier de MaPrimeRénov’-Rénovation d’ampleur si l’on choisit de conserver son chauffage gaz à l’issue des travaux. Cela s’ajoute aux suppressions des autres aides sur les chaudières à gaz déjà en vigueur (MaPrimeRénov’, certificats d’économie d’énergie-CEE, TVA réduite).
>C’est la fin du gaz dans la construction neuve ; le cadre réglementaire ne permettra plus aucun nouveau bâtiment qui utilise du gaz, y compris en appoint. Un texte réglementaire spécifique entrera en vigueur au 1er janvier 2027 pour les logements, et dans les années suivantes concernant les bâtiments tertiaires.
Transports
>Pour accompagner l’électrification des flottes professionnelles et pallier la différence de coûts d’acquisition entre les véhicules utilitaires légers (VUL) électriques et leurs équivalents thermiques, un soutien par fiche CEE est porté jusqu’à 9 500 euros pour les très grands VUL électriques (fabriqués en Europe ; achat en propre ou en location). Les nouvelles bonifications s’appliqueront aux véhicules commandés à partir du 1er juin 2026.
>Le déploiement des bornes de recharge sur le réseau routier national est planifié avec la multiplication par cinq du nombre de points de recharge pour les véhicules électriques légers d’ici 2035 (besoin estimé d’environ 22 000 points de charge qui seront répartis sur environ 900 aires).
Artisanat, agriculture, industrie
>Pour soutenir l’électrification des artisans (fours, rôtisseries, cabines de peinture), une session dédiée de l’appel à projets Décarb flash sera lancée et pourra financer ces projets, pour une enveloppe totale de 16 millions d’euros. Par ailleurs, Bpifrance lancera un prêt « Action élec ta boîte » qui permettra de financer l’achat d’équipements électriques (d’ici le 1er mai, sans garantie et remboursable sur une durée de 3 à 7 ans, avec jusqu’à 2 ans de différé).
>Pour les engins de chantier, un appel à projets piloté par l’Ademe est destiné à soutenir à hauteur de 50 millions d’euros de CEE l’achat d’engins électriques de chantier (français et européens, dès le mois de juin). Il comprendra également un accompagnement technique au déploiement.
>Dans l’industrie, les aides seront révisées afin d’apporter un soutien accru aux pompes à chaleur industrielles (dès mai), aux chaudières électriques (dès juillet) et aux compresseurs mécaniques de vapeur (à partir d’octobre). Des fiches d’opération standardisées seront établies avec l’aide des filières.
Ces leviers sont issus de plusieurs groupes de travail thématiques ; celui consacré à l’Industrie et l’artisanat réunissait industriels, artisans et acteurs de la chaîne de valeur électrique. Il a également proposé de réduire les délais de raccordement et de renforcer la stabilité et la prévisibilité des prix de l’électricité.
Une stratégie chiffrée
La stratégie gouvernementale prévoit que la part des énergies fossiles dans la consommation passe d’environ 60 % en 2023 à 40 % en 2030, et moins de 30 % en 2035. La part de l’électricité doit quant à elle passer de 27 % actuellement à 38 % en 2035. En 2050, l’électricité devrait représenter plus de la moitié de notre consommation énergétique.