Plus d'ouverture pour ouvrir (le dimanche)
Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, a annoncé ce matin sur RTL qu’il allait demander aux préfets d’autoriser l’ouverture des commerces trois dimanches supplémentaires d’ici à Noël.
L’objectif de cet assouplissement des ouvertures dominicales est de permettre aux commerçants de compenser une partie du manque à gagner lié aux émeutes et pertes récentes. Selon le cabinet du ministre, une instruction sera transmise aux préfets cette semaine pour organiser l’ouverture le dimanche dans leur département. « Ils ont à leur main trois ouvertures dérogatoires sans consultations ; au-delà, les préfets peuvent organiser des consultations avec les organisations patronales et syndicales locales et les associations de commerçants. » L’ensemble des préfets pourra apprécier ces opportunités. Le cabinet précise qu’il n’y a « pas de consignes sur le types de commerces qui peuvent ouvrir dans l’instruction. » Les arrêtés préfectoraux le préciseront ; « c’est l’objet des échanges que les préfets auront localement. »
Pour Grégoire de Tilly, directeur général d’Ankorstore, plateforme B2B dédiée aux marques et aux commerçants indépendants, l’ouverture le dimanche « peut constituer un soutien utile pour ceux qui le souhaitent, mais elle ne peut être la seule réponse. Les commerçants ont aussi besoin d’un accompagnement durable face à la baisse de fréquentation, aux difficultés de trésorerie et à la fragilisation de centres-villes qui se vident. »
>74 % des commerçants indépendants prévoyaient en septembre d’ouvrir leur boutique le dimanche pendant les fêtes.
>54,9 % comptaient ouvrir tous les dimanches autorisés et 18,6 % seulement certains d’entre eux.
(Source : Etude menée par Ankorstore en septembre 2026).
De plus, Serge Papin a annoncé fin octobre la mise en place d’un fonds de soutien réservé aux entreprises de moins de 50 salariés victimes des dégradations survenues en marge des manifestations. Les aides pourront atteindre 10 000 euros par établissement. Les précisions sont encore à venir.
Plateformes étrangères : Serge Papin durcit le ton
Serge Papin, ministre des Petites et Moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat, et David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ont dressé fin octobre le bilan de leur action contre les dérives des plateformes de commerce en ligne.
Un an après les révélations quant aux produits illicites vendus sur Shein, le gouvernement revendique des résultats dans sa lutte contre les plateformes extra-européennes : fréquentation en baisse (- 42 % pour Shein, - 36 % pour Temu*), taxation des petits colis (depuis le 1er novembre 2026, les petits colis sont soumis à 5 € de frais par catégorie d’articles : droit de douane européen de 3 € + frais de traitement de 2 €), et renforcement des contrôles douaniers (entre le 23 mars et le 23 mai 2026, une opération nationale de la Douane a révélé un taux de non-conformité de 69 % des produits contrôlés ; de son côté, la DGCCRF a constaté sur près de 600 produits analysés que 75 % étaient non conformes et 46 % étaient dangereux). Face à ce constat, les sanctions infligées par la France et l’Union européenne s’établissent à plus de 1 milliard d’euros sur un an pour les principales plateformes (Shein, Temu et AliExpress). Autre levier : le malus sur les articles d’ultra-fast fashion, en vigueur depuis septembre 2026 (de 50 centimes pour certains articles, comme des chaussettes, à 12 euros pour une veste), avant l’interdiction de leur publicité à compter de janvier 2027. « Ces plateformes sont de faux apôtres du pouvoir d'achat. Elles affichent des prix bas, mais à quel prix ? Au prix de nos commerces, de nos entreprises, de notre environnement - et trop souvent au prix de la sécurité et de la santé des consommateurs », a déclaré Serge Papin.