Aides : Changer de voie par le dispositif "Démission-reconversion"
Assez peu connu, ce dispositif permet à certains salariés de quitter leur emploi pour mener un projet de reconversion (formation ou création d’entreprise), tout en bénéficiant de l’assurance chômage. Une enquête de l’Unédic de janvier 2026 analyse le profil des bénéficiaires qui n'ont été que 27000 en 2024.
Une démission ne donne théoriquement pas droit au chômage. Le dispositif de démission-reconversion est une exception qui permet à un salarié qui démissionne de bénéficier de l’aide au retour à l’emploi (ARE). Son utilisation reste assez limitée : 27 000 personnes étaient indemnisées dans ce cadre fin 2024 (1 % des allocataires de l’assurance chômage). La démission-reconversion est accessible à un salarié en CDI, qui doit avoir au moins cinq ans d’activité. Avant de démissionner, il doit préparer son projet avec le Conseil en évolution professionnelle1, puis le faire valider par Transitions Pro2. La création d’entreprise, au cœur des projets Les porteurs de projets sont plutôt dans la tranche d’âge 30-49 ans et sont diplômés du supérieur. Dans la grande majorité des cas, la démission-reconversion s’inscrit dans une logique entrepreneuriale : deux ans suivant l’ouverture de leurs droits, sept bénéficiaires sur dix se lancent dans une démarche de création ou de reprise d’entreprise (48 % sans formation, 20 % avec formation). Cette création intervient en moyenne trois mois après l’inscription à France Travail, soit plus vite que pour les autres allocataires en création/reprise d’entreprise (sept ou huit mois).
Reconversions par formation : 64 % de femmes
Les formations suivies sont généralement courtes et directement liées au projet (gestion ou compétences métier par exemple). Elles sont le plus souvent financées par le compte personnel de formation (CPF). Les créations d’entreprise sont majoritairement portées par des hommes (60 %), tandis que les reconversions par la formation concernent davantage de femmes (64 %). Deux bénéficiaires sur dix choisissent de se reconvertir par la formation seule, sans projet immédiat de création d’entreprise. C’est une logique de formation plutôt longue, certifiante, notamment dans le domaine du soin et services à la personne, ou du transport. Ils y entrent rapidement après l’ouverture de droit (trois mois en moyenne). Vingt-quatre mois après celle-ci, plus de six sur dix ont débuté un CDI ou un CDD de six mois ou plus. Ils sont 14 % à demander l’Aide à la reprise ou à la création d'entreprise3, tandis qu’un quart de ceux qui ne suivent pas de formation la sollicitent. Les projets de démission-reconversion aboutissent dans la grande majorité des cas. Seuls 10 % des bénéficiaires n’engagent finalement ni formation ni création d’entreprise, et la plupart d’entre eux retrouvent malgré tout un emploi salarié.
1.Le Conseil en évolution professionnelle (CEP) est un service gratuit d’accompagnement pour construire un projet de reconversion.
2.Acteur référent des transitions professionnelles des salariés.
3.ARCE : Versement d’une partie des allocations chômage en capital pour lancer une entreprise. Une autre aide est mobilisable, l’ACRE (exonération partielle de cotisations sociales pour les créateurs d’entreprise).
La « période de reconversion »
Deux décrets relatifs à la période de reconversion sont parus au Journal officiel du 31 janvier. À compter du 1ᵉʳ janvier 2026, la période de reconversion remplace la reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) et le dispositif de Transitions collectives (TRANSCO). Ouverte aux salariés sans condition d’ancienneté, elle accompagne les transitions professionnelles, internes ou externes à l’entreprise, et peut associer des actions de formation, l’acquisition d'un savoir-faire par l’exercice en entreprise d’une ou de plusieurs activités professionnelles en lien avec les qualifications recherchées, etc. Les modalités d’organisation de la période de reconversion, notamment sa durée, sont définies par un accord écrit, conclu entre le salarié et l’employeur.
A retenir
>Seule une reconversion sur trois est accompagnée par un dispositif public. (Source : « Transitions professionnelles : dynamiser et mieux cibler l’action publique », IGAS, 2024).
> « Améliorer ses conditions de travail » est une motivation qui est juste devant « Augmenter ses revenus » chez les salariés du privé qui déclarent souhaiter un nouvel emploi en 2024 (26 % versus 25 %). (Source : Insee et Dares via Hellowork).