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Le gouvernement en chasse contre les "brigands de la formation"

, mis à jour le 02/03/2026 à 10h43
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Jean-Pierre Farandou

Les ministres Jean-Pierre Farandou et Philippe Baptiste créent une cellule de crise  pour accompagner les apprenants en cas de défaillance de CFA. Et des défaillances il y en aura pour des raisons économiques et aussi parce que l'Etat veut chasser les brebis galeuses, les "charlatans" et les "brigands de la formation"

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Le gouvernement prévoit de la casse dans les CFA et propose d'ores et déjà se charger des victimes collatérales de sa chasse aux sorcières. Ainsi, en cas de défaillance d’un centre de formation d’apprentis, les services des ministères du Travail (mionistre : Jean-Pierre Farandou), de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur (Ministre de l'Enseignement : : Philippe Baptiste ) annoncent la mise en place une cellule de gestion de crise pour accompagner les jeunes scolarisés dans ces établissements, et leurs employeurs s’ils sont en situation d’apprentissage. Ils peuvent solliciter des informations à l’adresse suivante : [email protected]. En fonction des situations, "les services de l’État pourront orienter les étudiants concernés vers d’autres acteurs afin d’assurer la continuité de leur formation."  Cette cellule aura également vocation à assurer "une mission de veille et de centralisation des informations afin d’anticiper les défaillances, qu’elles soient liées à des contrôles ou au contexte économique des centres de formation." Oui parce que des contrôles il y en aura  de plus en plus  ...

Les contrôles Incognito 

Il sera désormais possible de refuser la création de centres de formation d’apprentis ne disposant pas de locaux adaptés. Les contrôleurs pourront infliger des amendes administratives et utiliser une identité d’emprunt pour leurs enquêtes.  Attention aux visites mystères ! Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a présenté les actions menées par son ministère en matière de régulation par la qualité, notamment dans le cadre du projet de loi régulation de l’enseignement supérieur privé à venir, qui créera de nouvelles exigences pour les organismes de formation qui souhaitent être présents sur Parcoursup et porter des formations reconnues par le ministère. Les travaux portent également sur la réforme de la certification Qualiopi en lien avec le Ministère du Travail, avec comme objectif de renforcer les critères de qualité pédagogique des formations.

Brigands, charlatans, transparence

Au micro de l' Assemblée nationale ( lire ci-dessous) Jean-Pierre Farandou n'y est pas allé avec le dos de la cuiller en  déclarant que  les jeunes "sont les premières victimes. Ils pensent se former et se préparer à la vie active mais, en réalité, ils se trouvent face à des charlatans qui détournent l’argent public" et veut leur donner des moyens pour se défendre contre " des brigands de la formation" avant d'ajouter que  "si ce texte est adopté, nous pouvons espérer un recouvrement de l’ordre de 1 à 2 milliards d’euros rapidement et, à moyen terme, de 3 milliards."

 

Extrait de l'intervention de Jean-Pierre Farandou à l'Assemblée nationale

M. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités

Nous devons aux jeunes et aux entreprises un écosystème de la formation efficace et irréprochable.
La fraude à la formation est en train de se professionnaliser. Il faut la freiner et même l’arrêter avant qu’elle ne se propage. Nous avons déjà accompli des actes en ce sens dans le cadre du droit existant. Ainsi, la semaine dernière, la préfecture d’Île-de-France a prononcé le retrait d’agrément d’un centre de formation aux pratiques plus que douteuses.
Dans ce cas, comme dans les autres, les jeunes sont les premières victimes. Ils pensent se former et se préparer à la vie active mais, en réalité, ils se trouvent face à des charlatans qui détournent l’argent public à des fins malhonnêtes. Nous avons créé une cellule d’accompagnement pour assurer la continuité des parcours. Pas un jeune ne sera laissé sur le bord du chemin. Ils n’ont pas à subir les conséquences des actes des fraudeurs, que nous sanctionnerons et dont nous arrêterons les activités.
Le texte que vous allez examiner propose des moyens pour mieux défendre les jeunes et les entreprises face aux brigands de la formation, en vérifiant que les offres de formation sont de qualité et ne visent pas à détourner l’argent public.
Le gouvernement présentera ainsi un amendement qui tend à assurer la remontée de données pour mieux informer les Françaises et les Français sur les taux d’abandon, les taux de réussite aux examens et, surtout, les taux d’insertion professionnelle en fin de parcours. Si, dans le cadre de leurs campagnes de recrutement des apprentis, les établissements communiquent des informations trompeuses sur ces statistiques, ils pourront être sanctionnés financièrement.
Vous l’avez compris, le gouvernement se place résolument du côté des jeunes. Il faut faire le tri entre les formations sérieuses et les formations trompeuses.
Nous lutterons aussi plus fermement contre les organismes de formation qui ne respectent pas la République et ses valeurs. Nous avons des retours inquiétants au sujet de certaines formations. Des actions sont en cours dans nos services pour lutter contre l’emprise, l’entrisme, le charlatanisme, ou encore contre des formations qui pourraient s’apparenter à un exercice illégal d’activités réglementées, comme la médecine.
Pour conclure, les pratiques de fraudes à la sécurité sociale ne sont pas acceptables. Elles sont très mal ressenties par nos compatriotes. Nous devons faire attention, car la fraude fragilise la confiance dans notre modèle social de solidarité et de mutualisation des risques. Elle installe le doute chez nos concitoyens, qui peuvent rechigner à fournir des efforts quand certains trichent et menacent la soutenabilité financière de nos politiques de solidarité.
Si vous adoptez ce projet de loi, nous pourrons mieux identifier la fraude et mieux recouvrer les sommes indues. Les systèmes de détection et de sanction deviendront plus dissuasifs et nous arriverons à faire baisser la fraude réelle dans notre pays, ce qui devrait être un objectif partagé par tous. Si ce texte est adopté, nous pouvons espérer un recouvrement de l’ordre de 1 à 2 milliards d’euros rapidement et, à moyen terme, de 3 milliards.

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