Travail le 1er mai - Une liberté plus vite accordée ? Les syndicats pas d'accord !

, mis à jour le 12/04/2026 à 23h53
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La liberté guidant le peuple

Huit syndicats de salariés devraient être reçus ce lundi 13 avril par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, pour la suite à donner à une éventuelle autorisation de travailler le 1er mai. On rappelle que vendredi 10 avril, à l’Assemblée nationale, les députés ont voté la motion de rejet de la proposition de loi visant justement à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le jour de la Fête du Travail. Un rejet qui avait pour but en réalité d'accélérer son parcours en la faisant passer par une commission mixte paritaire. Les syndicats ont vu le coup venir et sont vent debout ! 

 

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Face aux nombreux amendements déposés par la gauche - susceptibles de prolonger indéfiniment les débats -, la proposition de loi visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai, ainsi rejetée, devrait partir directement en commission mixte paritaire (alliant députés et sénateurs), qui trouveront un compromis. Les syndicats ne l'entendent pas de cette oreille, et les huit principales centrales* ont rédigé dimanche 12 avril une lettre commune adressée à Sébastien Lecornu "Nous vous demandons donc de ne pas convoquer cette commission mixte paritaire de façon à respecter la démocratie sociale et la démocratie politique".  Et les syndicats de rappeler  leur opposition  à l’élargissement du travail le 1er mai arguant qu' "on ne réforme pas ainsi brutalement un texte issu d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives ». Le premier ministre aurait temporisé affirmant,  selon Le Figaro que « la commission mixte paritaire (CMP) n’a pas encore été convoquée » et qu’il « convient donc de prendre le temps nécessaire pour cheminer vers une solution efficace et acceptable ». En tout cas, le ministre du Travail a vite réagi en invitant les centrales syndicales en question au dialogue dès lundi 13 avril sans doute vers 18 H.

Pourtant ce texte répond à une attente de longue date de certains artisans, à l’instar des boulangers, des fleuristes et des bouchers-charcutiers… « Vendredi 1er mai, nous espérons pouvoir accueillir, avec nos salariés qui le souhaitent, nos fidèles clients, désireux de remplir leurs paniers de nos viandes et charcuteries artisanales », pose Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie-charcuterie (CFBCT). Pour l’Union des entreprises de proximité (U2P), il s’agit en effet pour de défendre la liberté de travailler et d’être rémunéré en conséquence. Une liberté qui serait triplement gagnante : pour le salarié qui pourra doubler son revenu ce jour-là et améliorer son pouvoir d’achat, pour les Français qui sont nombreux à vouloir bénéficier de services de proximité le 1er mai, et pour les entreprises de proximité qui pourront défendre leur volume d’activité face à une concurrence assez largement déloyale. 

Florent Moreau, président de L’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage (VALHOR), dont les secteurs bénéficient d’une tolérance permettant l’activité ce jour-là (dès lors qu’elle repose sur des collaborateurs volontaires), déplore une  situation aujourd’hui difficilement compréhensible sur le terrain : certains professionnels sont empêchés d’exercer leur activité, malgré l’existence de règles conventionnelles claires, créant une rupture d’égalité entre secteurs comparables et une insécurité juridique dommageable.  « Cette situation pénalise à la fois les entreprises de proximité et les salariés volontaires qui souhaitent travailler dans un cadre légal et protecteur ».

Dans la situation actuelle, avec la liberté, c’est aussi l’égalité qui est mise à mal. « Il est temps de sortir d’une situation archaïque, à la fois absurde pour les entreprises et injuste pour les salariés volontaires », déclare Michel Picon, président de l’U2P. 

 

*(CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Unsa, FSU, Solidaires)

74 % des Français soutiennent la possibilité, pour des salariés volontaires, de travailler le 1er mai dans les commerces de proximité (Sondage OpinionWay pour la CPME, avril 2026).

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