Réunion de crise et premières mesures pour les entreprises victimes des casseurs

, mis à jour le 20/10/2026 à 10h58
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émeutes

Autour de 3000 commerces touchés ce week-end par les pilleurs et vandales qui se sont déchaînés en marge des manifestations des lycéens. Serge Papin, ministre des Petites et moyennes entreprises, du Commerce, de l’Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d’achat a réuni ce matin leurs représentants ; le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est aussi exprimé. Couvre-feu, chômage partiel, déport des charges fiscales et sociales, déblocage d'un fonds de soutien... Voici les premières mesures.

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Des commerçants en pleurs, des vies ruinées en 10 minutes par des casseurs écervelés. Autour de 3000 commerces touchés (selon les premières estimations), sans compter les bâtiments publics et autres installations dégradés (poubelles, stations de bus…). En plein cœur de Paris, hier, sur certains boulevards, des images de guerre : des restes de barricades de vélos et motos calcinés, du verre partout… Qui trinque ? Toujours les mêmes. 

Réunion de crise à Bercy

Serge Papin réunissait ce lundi 19 octobre à 9 heures - en visio-conférence pour la quasi-totalité - les fédérations des commerçants, enseignes, artisans, et restaurateurs ainsi que les représentants des banques et assurances (parmi les organisations présentes : l'U2P, les Entrepreneurs, le Medef, la Fédération du commerce et de la distribution, le Conseil du commerce de France, l'Alliance du commerce, la Fédération du commerce coopératif et associé, la Confédération générale de l’alimentation en détail, l'Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, l'Union de la bijouterie-horlogerie, la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services, CCI France, CMA France, France Assureurs, la Fédération bancaire française). L’ensemble des fédérations a exprimé sa sidération face au déchaînement de violence et aux pillages et a insisté sur le nécessaire retour au calme. Serge Papin a affirmé l’engagement de l’État aux côtés des commerçants touchés. L’ensemble des demandes des organisations ont été transmises à la cellule interministérielle de crise qui a suivi.

Premières réponses

Le Premier ministre a annoncé à la mi-journée des couvre-feux partiels qui seront calés par les préfets. Parmi les mesures d'accompagnement pour soutenir les entrepreneurs-victimes, il a évoqué le déclenchement du chômage partiel dès demain, à 100 %, pour préserver les emplois des commerçants touchés ; le déport des charges fiscales et sociales ; le déblocage d'un fonds de soutien spécifique (pour combler le besoin de trésorerie) ; un travail avec les assureurs (pour alléger l'administratif, ouvrir des guichets appropriés, verser des acomptes...). Le gouvernement communiquera plus en détail par le biais des ministres concernés dans la semaine. « Ceux qui ont cassé et pillé doivent être poursuivis et punis, et c’est à eux d’en assumer le coût. Ce n’est ni aux victimes, ni aux contribuables, rappelait samedi Serge Papin sur X. C’est le sens du projet de loi "casseurs-payeurs", que le gouvernement défendra. » Marc Sanchez, secrétaire général du Syndicat des Indépendants et des TPE souligne que « nos entreprises ne peuvent pas attendre l’issue des procédures pour reprendre leur activité. » Il y a urgence. La plupart des sondages récents réalisés auprès des TPE-PME concernant les présidentielles révélaient les très fortes attentes des entrepreneurs vis-à-vis du Gouvernement, leur besoin de stabilité afin d'être en mesure de relever l’économie. La France qui travaille assiste, désemparée, aux pillages qui l'ébranlent encore davantage. Et ce d'autant plus qu'ils ont un air de vu, déjà vu et revu (été 2023, février 2017…). Il y a plus que jamais l’urgence d’une parole qui se traduise en actes. 

Numéro unique CMA France : 3006 (service et appel gratuits).

Afin de répondre aux besoins les plus immédiats, le réseau des CMA a activé son fonds de solidarité, destiné à apporter une aide exceptionnelle aux artisans impactés (sous réserve du respect des critères d’éligibilité) ; elle peut atteindre 1500 euros.

Nommer l'ennemi

Sébastien Lecornu vient de qualifier l'agresseur et l' « agenda de bordélisation [prévu par] l'ultra-gauche jusqu'à l'élection présidentielle. » Bernard Cohen-Hadad, président des Entrepreneurs Paris et fondateur du think tank Étienne Marcel, a quant à lui rappelé la nécessité de « mettre un terme au cercle vicieux de la violence qui a sidéré nos entrepreneurs, la France et les Français (…), avec des pillages de commerces et des dégradations de lieux commis par des bandes de groupuscules d’Ultra Gauche militarisés. La violence politique creuse un peu plus le fossé avec le reste du pays et accroît les difficultés à s'en sortir. »

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