Le chômage repart à la hausse même dans les entreprises de proximité...
Le chômage repart à la hausse en France, tandis que l’emploi recule même dans les entreprises artisanales de proximité. Une dégradation qui traduit la fragilisation progressive de l’activité et des marges. AU passage on rappelle ici le changement de règle concernant la rupture conventionnelle depuis le 1er septembre.
Au deuxième trimestre 2026, en France, le taux de chômage a atteint 8,3 % de la population active, soit 2,7 millions de personnes. Il progresse de 0,7 point sur un an et retrouve un niveau inédit depuis 2019, hors période Covid. Dans le même temps, l’emploi salarié privé recule de 0,4 % sur un an (INSEE). Dans les entreprises de proximité, l’emploi salarié a diminué de 0,3 % au deuxième trimestre 2026 (ISM-U2P) ; le recul atteint 1,4 % sur un an dans les entreprises artisanales de moins de 20 salariés. Le bâtiment (- 2,1 %) et l’artisanat de fabrication (- 2,5 %) sont particulièrement concernés. Le secteur de l'artisanat et du commerce de l’alimentation reste dynamique (+ 1,2 %).
Les dirigeants préservent l’emploi… jusqu’à la limite
Ces chiffres s’inscrivent dans un contexte de prudence accrue des petites entreprises. Un récent baromètre du Syndicat des indépendants (SDI) indique que seules 13 % des TPE recherchent actuellement du personnel, contre 22 % début 2024. Dans le même temps, 65 % déclarent une baisse de leur chiffre d’affaires et 70 % une diminution de leur marge nette. Pour 52 % des dirigeants interrogés, la rémunération est désormais inférieure au Smic. « Dans les TPE, le dirigeant commence par sacrifier son revenu, ses investissements et ses projets avant de toucher à l’emploi », pose Marc Sanchez, secrétaire général du SDI. Cette capacité d’absorption a ses limites.
Le risque concerne aussi le chef d’entreprise
La fragilisation de l’emploi ne se limite pas aux salariés. La hausse des défaillances témoigne elle aussi des difficultés rencontrées par les entreprises : au deuxième trimestre, 10 367 entreprises artisanales, commerciales et libérales ont fait défaut, soit 3 % de plus qu’un an auparavant. L’artisanat des services est particulièrement touché (+ 17 %). Cette dégradation se traduit également pour les dirigeants : au premier semestre 2026, 33 341 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi, selon l’Observatoire GSC-Altares, soit près de 7 % de plus qu’un an auparavant ; près des trois quarts dirigeaient une entreprise de moins de trois salariés. La construction et le commerce figurent parmi les secteurs les plus exposés.
En matière d’assurance chômage, la protection du dirigeant reste beaucoup plus limitée que celle d’un salarié. Anticiper une baisse durable d’activité, surveiller trésorerie et marges, mais aussi examiner sa propre couverture en cas de cessation d’activité deviennent donc des enjeux de gestion à part entière.
75 % des dirigeants identifient les charges sociales et fiscales comme le premier obstacle à l’embauche.
(Source : Baromètre du SDI portant sur la situation des TPE au premier trimestre 2026).
Assurance-chômage - Changement sur la rupture conventionnelle
Depuis le 1er septembre 2026, les salariés qui partent dans le cadre d’une rupture conventionnelle individuelle ne bénéficient plus de la même durée maximale d’indemnisation qu’auparavant.
Avec la rupture conventionnelle, l’employeur et le salarié conviennent d'un commun accord des conditions de la rupture du contrat de travail ; il ne s’agit ni d’un licenciement, ni d’une démission. Depuis le 1er septembre 2026, pour les personnes de moins de 55 ans, la durée de l’indemnisation est réduite à 15 mois (contre 18 mois auparavant) ; pour les personnes de 55 ans et plus, la durée de l’indemnisation est réduite à 20,5 mois (contre 22,5 mois pour les allocataires âgés de 55 à 56 ans et 27 mois pour les allocataires d’au moins 57 ans, précédemment). Les résidents d’Outre-mer, hors Mayotte, voient leur durée d’indemnisation portée à 20 mois pour les personnes de moins de 55 ans (contre 24 mois auparavant) ; et 30 mois pour les personnes de 55 ans et plus (elle était avant de 36 mois pour les allocataires de 57 ans et plus).
Cette évolution fait suite à l’accord conclu en juin dernier par les partenaires sociaux (les trois organisations patronales représentatives - U2P, Medef et CPME - ainsi que par plusieurs organisations syndicales - CFDT, CFTC et FO). Selon les estimations avancées lors des débats parlementaires, la mesure pourrait permettre plusieurs centaines de millions d’euros d’économies chaque année à partir de 2029, et environ 15 000 retours à l’emploi supplémentaires.
(Sources : U2P et DILA)