Pour l’Unep, chaque paysagiste compte
Le nouvel Unep de son nouveau président, Nicolas Leroy, a présenté sa feuille de route 2030, qui se résume en trois verbes : communiquer, aligner, piloter. L’Union des entreprises du paysage fait du soutien différencié selon la taille des paysagistes son credo : des outils d’agilité pour les TPE, des outils RH et juridiques pour les PME et de l’influence au service des grandes entreprises.
Si chaque jardin compte, comme le dit son slogan, l’Unep veut aussi que chaque paysagiste compte et a présenté début février sa feuille de route 2030. L’Union, dont la représentativité pour le métier de paysagiste a été confirmée, n’enregistre que 4 200 adhérents sur 34 000 potentiels. Mais ces mêmes adhérents pèsent près de la moitié des salariés du secteur. Autrement dit, l’Unep représente plutôt les grosses entreprises.
La conquête de nouveaux adhérents fonctionne toutefois à plein. Depuis la présidence de Catherine Muller, en passant par celle de Laurent Bizot, le nombre d’adhérents a plus que doublé en sept ans. Une dynamique qui va se poursuivre dans un marché tout aussi florissant : il pèse plus de 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de +60 % en dix ans et de +10 % sur les deux dernières années. Tous les compteurs sont au vert — si l’on ose le jeu de mots — avec pas moins de 77 % des emplois en CDI. Il est vrai que la vague de la renaturation en ville, souhaitée par 85 % des Français, agit comme un booster pour ce métier porteur de sens. Après tout, lorsque vous êtes un apporteur de verdure dans les cités, vous participez à une action de santé publique, ce qui donne de la valeur à vos actions. L’étude Asterès révèle même que les espaces de nature en ville ont un impact positif mesurable sur la santé, « avec 275 000 pathologies (diabète de type 2) évitées et 22 000 vies sauvées par an ».
Autant le dire : être élu président d’une fédération d’un secteur si vertueux dans un contexte aussi positif… c’est presque un cadeau. Entouré de Sylvie Descout, responsable Ressources humaines et Affaires sociales au bureau de l’Unep, de Paul Del Pozzo (adhérents) et de Pierre Darmet, en charge des affaires publiques, Nicolas Leroy a présenté la feuille de route 2030.
Un credo d’abord : un soutien différencié selon la nature des entreprises.
Pour les TPE : recherche de simplicité, d’outils concrets et de supports réglementaires lisibles.
Pour les PME : répondre à des besoins structurels et organisationnels avec des outils RH, stratégiques et juridiques.
Pour les grandes entreprises : accompagnement stratégique et institutionnel pour influencer les politiques publiques.
De façon générale, l’Unep a défini un cap 2030 articulé autour de trois axes. Le premier : communiquer, avec la volonté de rendre « les compétences des entreprises visibles auprès des décideurs ». L’Unep compte se montrer davantage pour expliquer les actions et méthodes des paysagistes, ainsi que l’importance des stratégies d’entretien et de gestion à long terme, au-delà des investissements initiaux. L’Unep rappelle son partenariat avec QualiPaysage pour la reconnaissance des qualifications et labels, ainsi que la préparation de l’Observatoire des Villes Vertes, qui classe et évalue l’action publique en matière d’aménagement des espaces naturels et de biodiversité, avec des enquêtes thématiques annuelles et un palmarès triennal (prochain au printemps 2026). Le prochain sera d’ailleurs révélé… après les municipales. Dommage que cela ne soit pas avant !
Autre verbe structurant : aligner, pour « unifier les visions et coordonner les acteurs globaux du paysage », que sont les architectes paysagistes, producteurs de végétaux et directeurs de services nature en ville. Enfin, piloter, troisième verbe, pour « agir avec efficacité », avec un objectif de résultats concrets.
Comme la Fédération de football
Paul Del Pozzo a rappelé que les adhérents de l’Unep, c’est un peu comme la Fédération de football : les entreprises sont les clubs, les chefs d’entreprise les capitaines et les jardiniers-paysagistes les joueurs. Avec ses 13 délégations en France, l’Unep « assure une écoute directe des réalités et attentes sur le terrain », y compris dans les DROM.
Il a rappelé l’utilité d’outils tels que SVP, numéro de téléphone donnant accès à des experts sur des domaines techniques (bioagresseurs), RH, assurance, social ou marchés. Un outil ludique a également été présenté (le « jeu des incollables »), qui aide salariés et employeurs à mémoriser les bonnes pratiques en matière de prévention des risques.
Autre outil : le « Guide de la biodiversité », recueil papier et en ligne réalisé avec l’OFB (Office français de la biodiversité), qui accompagne les entreprises dans l’intégration de la biodiversité à toutes les étapes des projets paysagers (conception, réalisation, entretien). Il paraît d’ailleurs que ce guide rencontre un grand succès en téléchargement.
Enfin, l’Unep révèle l’existence d’une étude volontaire (70 entreprises) en cours pour diagnostiquer et réduire l’empreinte carbone. Parmi les autres actions, Paul Del Pozzo cite la surveillance des délais de paiement, l’accompagnement sur l’IA, l’aide à la transmission d’entreprises et même le partenariat avec l’Observatoire Amarok pour la santé mentale des chefs d’entreprise.
L’humain au cœur des métiers du paysage
Le volet Ressources humaines a donné la parole à Sylvie Descout, en charge du sujet à l’Unep. Elle a rappelé l’Accord national de formation signé en 2023, qui vise à recruter, faire monter en compétences et fidéliser les salariés, ainsi que la bonne santé de l’apprentissage (15 000 apprentis), avec des salaires d’embauche supérieurs à ceux de l’agriculture pour attirer les jeunes. Le secteur est également attractif pour les reconversions : 11 % des recrutements proviennent de cette filière. Sylvie Descout a souligné les actions en faveur de l’insertion des réfugiés, le lancement de trois modules de formation qualifiante (animation d’équipes en chantier, intégration des techniques écologiques, gestion de la relation commerciale, notamment avec les particuliers). Dernier point d’importance : la place des femmes dans cet univers encore très masculin. Une table ronde intitulée « Femmes dans le paysage : oser, choisir, réussir » sera organisée. L’Unep s’est par ailleurs mobilisée pour entraîner les paysagistes en herbe qui défendront les couleurs du métier aux WorldSkills (Olympiades des métiers) à Shanghai en septembre 2026.
Prochains rendez-vous de l’Unep :
• 27 février : Salon international de l’agriculture (table ronde « Femmes dans le paysage »)
• 22 avril : Chaumont-sur-Loire
• 27-31 mai : Jardin Jardin
• Printemps 2026 : publication du Palmarès des Villes Vertes
• Septembre 2026 : finales mondiales WorldSkills à Shanghai
• Fin d’année : Salon des Maires (présence sur le hall dédié à la biodiversité)