Entreprises : toujours en soins intensifs

, mis à jour le 04/05/2026 à 15h42
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Avec près de 19 000 défaillances au premier trimestre, soit une hausse de 6,4 %, la santé des entreprises est toujours très inquiétante en France, surtout celle des TPE de moins de 3 salariés, qui représentent 75 % des chutes. La sinistralité atteint un niveau record sur 12 mois glissants, avec 71 100 redressements ou liquidations. Du jamais vu ! Par métier, la construction se stabilise, le commerce tire la langue et les services dévissent.

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« Au cours de ce trimestre, plus de 300 chefs d’entreprise se sont présentés chaque jour ouvré devant le tribunal afin de demander l’ouverture d’une procédure de redressement ou de sauvegarde ou, parfois à bout de ressources financières et morales, d’envisager une liquidation judiciaire. » Le constat de Thierry Million, directeur des études chez Altares, est cinglant : « Au-delà de la disparition de savoir-faire, ces défaillances entraînent de lourdes conséquences sociales : emplois directement supprimés ou fragilisés, mais aussi effets indirects sur les fournisseurs, les sous-traitants et, plus largement, sur l’écosystème économique local. » Et le cabinet d’expliquer que si la situation s’améliore pour les grandes structures (100 salariés et plus), elle se tend sévèrement pour les PME de 20 à 99 salariés (520 ; +12 %). Les TPE restent parmi les plus touchées et concentrent trois quarts des procédures (+11 %). 

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Le nombre de redressements judiciaires explose (+14 %), alors que les liquidations judiciaires ou sauvegardes contiennent la hausse sous les 4 %. Sur ce premier trimestre, plus de 75 000 emplois sont menacés, un niveau record depuis la crise de 2009. 

Dans le détail, ce sont bien les microentreprises de moins de 3 salariés qui tombent comme à Gravelotte (+11,2 % de défaillances), alors que les TPE de 3 à 9 salariés survivent mieux (-6,7 %), tout comme les PME de 10 à 19 salariés, dont le nombre de défaillances diminue nettement (830 ; -12,1 %). À l’inverse, la situation se détériore pour les PME de 20 à 99 salariés (+12,1 %). C’est à n’y rien comprendre.

 L’analyse par métiers paraît plus claire : dans le domaine de la construction, qui concentre en général une défaillance sur quatre en France, on note une stabilisation des défaillances, à +1,7 %. Quand le bâtiment va… Oui, sauf que ce sont avant tout les chantiers de gros œuvre (-9 %) et les travaux publics (-19,9 %) qui reprennent des couleurs, alors que le second œuvre tire encore la langue (+9,8 %), avec des activités très impactées comme la peinture et la vitrerie (391 ; +25 %) ou la menuiserie bois et PVC (271 ; +17 %). 

Si le commerce continue de souffrir (+4 %), ce n’est plus une règle générale, car certains secteurs sont désormais moins présents devant les tribunaux de commerce. Si on voit moins les magasins de bricolage et de sport (environ -16/-17 %), les commerces de vente et de réparation de voitures (+6,6 %) eux remplissent les greffes. Dans le détail les garagistes sont à la peine (301 ; +4 %), mais moins que le commerce automobile en tant que tel (+9 %). 

Côté vente au consommateur, le hors magasin est dévasté l sévères (408 ; +22 %). Il s’agit, pour plus de la moitié, d’e-commerçants (+21 %) et, pour un gros tiers, de vendeurs sur les marchés (+30 %). 

La très mauvaise nouvelle vient des salons de coiffure, qui mettent de plus en plus la clé sous la porte en ce premier trimestre. On compte 640 défaillances, dont 74,5 % se sont traduites par des liquidations. De façon générale, les sociétés de services sont fragiles, avec un taux de défaillance qui a grimpé de 16,6 % au premier trimestre. 

Au restaurant, la chute est contenue, même si l’on compte tout de même plus de 2 000 défaillances sur la période. Dans le détail, c’est le snacking qui recule (+2,4 %), alors que le restaurant classique résiste (-2,5 %).

 

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