L'indépendance des artisans : voilà ce qui séduit les jeunes !

, mis à jour le 01/02/2026 à 23h44
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Les jeunes s’intéressent à l’artisanat pour plein de raisons même les plus surprenantes. Mais l’indépendance et l’utilité à la société sont les deux premiers attraits. C’est ce qui ressort du sondage #MOIJEUNES de CMA France réalisé fin décembre avec 20 Minutes

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A l’heure où la pression monte sur les Chambres des métiers et que l’apprentissage est en danger faute de financements suffisants pour nombre de filière, CMA France édite à point nommé un sondage réalisé auprès de 509 jeunes représentatifs de la population de 16 à 29 ans. 

On y apprend d’abord que les jeunes connaissent l’artisanat, ou qu’en tout cas on leur en a déjà parlé pour 76 % d’entre eux. Les deux premières sources sont les parents (35 %) et les enseignants (33 %). Il est d’ailleurs à noter que ces « informateurs » institutionnels progressent dans ce sondage de 10 points depuis 2024 ; la source classique se renforce donc mais elle n’est pas la seule car on voit naître une source qui n’était pas relevée auparavant : celle des influenceurs et des amis. Les promoteurs de l’artisanat devront en tenir compte dans les mois à venir ! 

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Si un quart des répondants que l’artisanat est fait pour ceux qui ont de mauvaises notes à l’école, 52 % considèrent que c’est une voie pour ceux qui veulent un travail qui a du sens. Un résultat capital sur lequel il y a de quoi construire de vraies stratégies de recrutement ! Un recrutement qui pêche encore car 56 % des jeunes estiment que l ‘artisanat n’est pas mis assez en avant lors des orientations. 

La preuve près d’un tiers d’entre eux déclarent ne pas savoir quels métiers regroupe l’artisanat ou pas précisément pour 50 %. Seuls un jeune sur 5 sait ce que recoupe l’artisanat. 

Pour mieux informer les jeunes de la réalité de cette voie professionnelle, la solution ne viendra pas de l’école. Ainsi, les sondés déclarent que s’ils veulent se renseigner sur un métier ils iront d’abord parler à quelqu’un qui fait ce métier (48 %) ce qui est loin d’être idiot. 

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A égalité en deuxième position certains répondent : aller à un événement sur l’orientation (et c’est vrai que ce type d’événement est très couru) ou se renseigner, sans doute via le web, pour mesurer le couple débouché/salaire sur le métier visé. Très important, les jeunes interrogés sont 37 % à regarder des vidéos qui est décidément un média porteur. Si on croise cette information avec celle de l’influence croissante des influenceurs, il y a décidément une piste à explorer pour toucher le plus grand nombre. 

Si le jeunes s’intéressent à l’artisanat ce n’est pas pour le salaire, ça ils l’ont bien compris. Ils ne sont que 27 % à penser que l’artisanat est une voie sonnante et trébuchante. 

Non, la première motivation quand on s’intéresse à l’artisanat, c’est la créativité du métier (56 %). Les jeunes cherchent une activité qui a du sens quand ils pensent à un métier (52 %) et peu moins quand c’est l’artisanat d’ailleurs (48 %). En revanche ils attendent de l’artisanat le moyen d’être indépendant (42%) plus que pour la moyenne des métiers en général. L’artisanat est aussi vu pour être utile à la société. Enfin atout des atouts, voilà un secteur que les jeunes considèrent comme protégé contre l’IA

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L'apprentissage, une évidence

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La suite est assez … drôle si on peut dire.  A la question "Pour toi, pour exercer un métier dans l’artisanat, une formation en apprentissage est … ?"  Réponse : utile et indispensable pour 84 % d’entre eux. Il ne faut pas être grand clerc pour deviner ce plébiscite. Tout le monde sait cela… sauf peut-être le gouvernement et c’est bien le but recherché par les CMA : rappeler aux autorités que la voie royale ne doit pas être entravée. Certes, il y a eu des abus après la loi 2018 « Avenir professionnel” qui a dopé l’apprentissage,  en  produisant des dérives et des effets d’aubaine, principalement liés au nouveau système de financement et aux aides massives mais depuis des corrections ont été faites . 

« Depuis 2022, nous appelons le gouvernement à rationaliser et à prioriser le financement de l’apprentissage pour garantir la pérennité de notre modèle. Bien plus qu’une menace pour notre outil de formation, c’est un risque majeur que l’on fait peser sur notre jeunesse, nos entreprises artisanales, et in fine sur notre filière et l’avenir de nos métiers. Car sans apprentissage, comment former l’artisan de demain ? S’il faut faire des économies, rationaliser les budgets, alors il faut opérer des choix stratégiques et investir là où la formation répond le plus aux besoins des jeunes comme des entreprises. Là où elle est absolument indispensable et constitue, plutôt qu’une dépense, un investissement pour l’avenir. », déclare Joël Fourny, président de CMA France .


 

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Le niveau de prise en charge ( NPEC) de 18 formations ne permet pas d’atteindre l’équilibre financier pour 18 d’entre elles. « Il est urgent, de prioriser le financement de l’apprentissage en faveur des niveaux 3 et 4, véritables leviers d’insertion professionnelle et de prendre en compte le coût de la vie élevé en outre-mer » confirme Joël Fourny. S’il reconnait aussi une écoute attentive du côté du ministère du Travail , il reste circonspect. L’écoute attentive, il y a déjà eu droit la veille du budget et on a vu ce que cela a donné … une demi-douzaine de millions d’euros en moins la veille du 49.3. 
 

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